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Le Mali indépendant a 47 ans (quarante sept ans).
On peut penser à l’âge adulte s’il s’agissait d’un Homme.
Nous Maliens Femmes et Hommes de toutes conditions sociales :

-Conscients des enjeux de ce monde que nous vivons directement au jour le jour ou indirectement à travers les médias.
-Conscients de la place de notre pays bien aimé au cœur de l’Afrique de l’ouest.
-Conscients de la place de notre pays dans le classement des pays les plus pauvres de la planète.
-Conscients de la haute idée que nous nous faisons de la Nation Africaine du Mali unie et indivisible dans sa diversité.
-Espérant que vous tous individuellement et collectivement vous nous voulez du bien tout simplement; que vous voulez du bien au Mali et à l’Afrique; que vous voulez nous éviter les multiples peines que connaissent les pays dits pauvres.
-Et si votre volonté réelle est de sortir ce pays de sa situation actuelle et de propulser son véritable développement dans une démocratie authentique puisant sa force dans les valeurs du Peuple Malien, respectueuse de sa culture, de son identité; un développement basé sur les aspirations profondes du peuple et qui veut aboutir à l’épanouissement le plus complet de ce peuple.
-Nous souhaitons partager avec vous les constats suivants:

.Notre pays compte plus de douze millions d’habitants (extérieur compris) dont 70% ont moins de 30 ans et 52% sont des femmes.
– Ainsi 8 400 000 jeunes filles et garçons
– 6 240 000 femmes. « la moitié du ciel comme l’a dit le poète »
2. Environ 50 000 fonctionnaires soit 0.4 % de la population qui décident de presque tout dans ce pays.
-Nous voulons être des Citoyens mais comment le devenir quand on n’entend rien à la langue officielle exclusive de l’Etat et de toutes les institutions ?
-Nous sommes LES SUJETS du développement et voulons y participer, mais le développement se fait « uniquement en langue officielle ».
-Nous sommes ceux qui regardent passer le train du développement car ce train ne s’arrête que dans « les gares officielles ».
-Pour prendre ce train il faut avoir de l’argent et pour avoir l’argent il faut parler « la langue des Officiels, ou bien connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un qui les connaît »…
-Vous qui aspirez à prendre dans quelques semaines nos destinées entre vos mains.
-Où placez vous la question de la culture? (non pas en terme de folklore mais de réarmement et de refondation indispensable pour le processus de développement)
-Où placez vous la question de nos langues? (sans lesquelles on ne peux espérer un jour domestiqué les sciences et la technologie pour le plus grand nombre)
-Nous sommes Kel tamasheq et nous voulons écrire le TIFINAR.
-Nous sommes Songhoye, arabe, Peul, Dogonnon, Soninké, Mandén, Sénoufo/Minianka, Bambara, etc…
-Ces langues sont embastillées depuis leur transcription, dans le coffre blindé et scellé sous le vocable « langues nationales ». Elles sont considérées des « sans papier » et bonnes à être nettoyées par la méthode de l’oubli délibéré, de l’ignorance voulue et de l’interdiction de « séjour ».
-Vous engagez-vous à agir comme l’Afrique du Sud l’a fait en indiquant dans La constitution Sud-africaine au nombre des langues officielles aussi bien les langues autochtones du pays, que les deux langues étrangères, l’anglais et l’afrikaans, et en ordonnant aux autorités nationales et à chaque gouvernement provincial (régional) d’utiliser au moins deux de ces langues (article 6 de la dite constitution.
-Vous engagez-vous à prendre rapidement des mesures concrètes pour que nos langues nationales soient de plus en plus utilisées, concurremment avec la langue française,
-dans l’enseignement?
-dans la vie politique?
-dans l’administration publique?
-dans l’état civil?
-dans les cours et tribunaux?
-dans les transactions bancaires?
-dans les journaux parlés et les débats à la radio et à la télévision?
-et même dans les messages à la nation du Chef de l’Etat, etc?

Qu’attendez vous pour officialiser nos langues à travers la Constitution?
Nous voulons votre engagement formel et sans réserve.

27 avril 2007.