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Dans une sous-région ouest-africaine sujette à toutes sortes de conflits et de guerres à base ethnique ou sectariste, le Mali, qui se veut une exception à la règle dans un environnement tumultueux, n’a que faire des considérations ethniques et racistes telles que contenues dans « ATT-cratie: la promotion d’un homme et son clan ».

Depuis quelques jours, une certaine presse de la place se fait l’écho de ce qui semble être le scoop de l’année, en l’occurrence le livre « ATT- cratie… » et les commentaires qui s’en suivent.

Face à une telle levée de boucliers de la part de gens malintentionnées et tapis dans l’ombre de l’anonymat, il me paraît opportun d’apporter ma modeste contribution en lançant un appel d’abord au Président de la République, Chef de l’Etat, Monsieur Amadou Toumani TOURE et à tous les compatriotes épris de paix, de justice, soucieux de la stabilité et du développement de notre pays.

Monsieur le Président de la République, dans certaines situations, seul le silence est la réponse appropriée et recommandée. En effet, Monsieur le Président, la noble mission que le peuple malien, investi et usant de sa souveraineté, vous a confiée en 2002, vous fait obligation de ne pas descendre bas pour répondre à des propos dignes de la poubelle qui truffent le soit disant livre « ATT cratie: la promotion d’un homme et de son clan ».

En dehors de tout commentaire partisan, ce livre ne contient absolument rien qui puisse permettre au peuple malien d’aller vers le développement auquel il aspire et pour lequel il se bat quotidiennement.

C’est donc le lieu de poser des questions sur ce qui pourrait être les motivations réelles pouvant sous tendre une telle action juste au moment où notre pays s’apprête à vivre une période importante et cruciale de son avenir : les élections présidentielles et législatives de 2007 qui constituent des événements capitaux dans la vie de toute nation civilisée.

Pour quelles autres raisons, certains esprits malins pourraient – ils choisir justement ce moment précis pour s’attaquer de façon si malveillante à ce qui nous est de plus cher, notamment le respect de l’autre quelque soit son rang social ?

N’est-ce pas sur ces valeurs que repose depuis toujours le fondement de notre société nationale ? Quelle mouche peut-avoir donc piqué un ( ?) individu (s) à écrire des choses dont le seul but apparent est de fragiliser notre société en cette période très sensible ?

A l’analyse du document, on est en droit de se poser véritablement des questions sur ce qui arrive à ce beau pays pour que d’honnêtes citoyens se laissent ainsi prendre au piège tendu à notre nation par des ennemis tapis dans la pénombre.

La solidité du socle social et de l’unité nationale que nous avons su jusqu’ici jalousement préserver s’en trouve aujourd’hui sérieusement menacée si nous ne prenons garde. Dans une sous-région ouest-africaine sujette à toutes sortes de conflits et de guerres à base ethnique ou sectariste, le Mali, qui se veut une exception à la règle dans un environnement tumultueux, n’a que faire des considérations ethniques et racistes telles que contenues dans « ATT-cratie: la promotion d’un homme et son clan ».

Heureusement que la majorité écrasante de notre communauté nationale a démontré à maintes reprises sa maturité profonde vis-à-vis de marchands d’illusions, aigris et jaloux de la marche victorieuse inexorablement engagée vers le développement durable par Amadou Toumani Touré dès son élection à la magistrature suprême du pays. « Att – cratie: la promotion d’un homme et son clan » est un condensé de propos injurieux et dégradants dont notre peuple ne peut s’accommoder.

La vie d’une nation ne se limitant pas à une échéance électorale nous saurons rejeter toute remise en cause des valeurs cardinales de notre société et n’accepterons jamais de les sacrifier sur l’autel d’ambitions démesurées et malintentionnées.

Au contraire, il y a lieu de dénoncer et de condamner ces propos outrageux repris à longueur de journée par la presse nationale à l’endroit de celui là même qui assure aujourd’hui la destinée de notre pays par la volonté du peuple.

Les maliens, dans leur grande majorité, ont mieux à faire que de se laisser entraîner par des oiseaux de mauvais augure dans des situations incertaines qui ont fini par détruire d’autres sociétés qu’on croyait à jamais à l’abri de dégénérescence sociale.

Car, lorsque la cupidité des hommes atteint le paroxysme de la négation jusqu’à classer les citoyens, non pas selon leurs compétences ou leurs capacités à résoudre les problèmes de la société, mais plutôt par leur appartenance à telle ou telle couche sociale, il est donc impératif de tirer la sonnette d’alarme et d’inviter les uns et les autres à la raison. De telles considérations n’ont pas leur place dans le Mali que chacun de nous doit s’engager à bâtir.

La caravane du Mali

Certes, nous sommes tous pour la liberté d’opinion et d’expression. Mais de là à classer les citoyens en « excellents » et en « médiocres » selon qu’ils soient « nobles » ou de « caste» il y a des limites à ne pas franchir.

Sinon, bonjour les dégâts. L’irréparable peut en découler et conduire inévitablement à la catastrophe où tout le monde y va perdant. Enfin, pour reprendre le célèbre chanteur de reggae, Alpha Blondy, dans son morceau « Houphouët, yako » sorti au début des années 90 et dans lequel il appelait ses concitoyens à une véritable prise de conscience face aux dérives «classificationnistes » qui s’emparaient à l’époque de la société ivoirienne, aujourd’hui j’estime pour ma part qu’il est nécessaire de lancer un appel similaire à tous les compatriotes afin de faire bloc autour de ce qui nous unit: le Mali et faire échec à toutes idées tendant à nous distraire de l’essentiel.

En effet, qu’avons-nous à faire des propos du genre « …issu d’une famille de caste, le Général (ATT) a eu une enfance difficile… » ? Est-ce à dire qu’être de caste implique irrémédiablement une vie difficile ? Ou le fait d’appartenir à telle ou telle classe sociale serait- il synonyme de misère ou devant être considéré comme un malheur ?

Il faut qu’on arrête avec ces «enfantillages» qui ne contribuent en rien à consolider le tissu social de notre société. Les hommes dits de caste ont depuis toujours joué un rôle de première importance dans notre société.

Assimiler l’appartenance à une telle composante de notre communauté à la médiocrité et un éternel complexe d’infériorité, est simplement outrant et outrageux. Pire, le Sphinx ( ?) affirme à la même page ( 13) de son papier que « beaucoup de sages (sic) dans notre pays, pensent, qu’eu égard à son appartenance à cette composante sociale, ATT ne pourra jamais faire avancer ce pays, quelle que soit la volonté qu’il y mettra… ».

De telles aberrations de la part de quelqu’un qui prétend aimer et vouloir servir ce pays, le Mali, ne peuvent susciter que sentiments d’indignation et de honte, notamment lorsqu’elles fusent d’auteur(s) préférant pousser la cupidité à l’extrême lâcheté en se cachant derrière le sceau de l’anonymat, c’est-à-dire n’ayant pas le courage de s’assumer.

Quel crédit accorder alors aux propos d’un tel « écrivant » qui semble ignorer tout du sens et de la noblesse que confère l’écriture à son auteur ? On aurait mieux compris que monsieur (?) s’attaque au bilan de l’action politique de l’homme Amadou Toumani Touré et permettre l’instauration du débat là-dessus afin de recueillir l’avis d’une frange représentative des maliens.

Au lieu de cette démarche de sagesse, le Sphinx tombe plutôt dans les invectives langagières, les atteintes gratuites et infondées à l’honneur et à la dignité de concitoyens qui bénéficient, eux au moins, de la légitimité et de l’onction populaire pour la fonction qu’ils occupent.

Pour cela, il s’excelle dans l’art de la désinformation et de l’intoxication sur la base unique de préjugés et de rumeurs dans le seul but d’inciter le peuple, heureusement mûr et mature, à la révolte et la sédition.

Il y a lieu, alors, d’inviter le Président de la République, Amadou Toumani Touré et toutes les personnes attaquées inutilement par cet apprenti écrivain, à ne pas répondre. Car, comme l’a dit le sage « la meilleure réponse qu’on puisse donner à un c… c’est le silence ».

En d’autres termes, le chien aboie et la caravane passe. Malgré le chant lugubre de ces apprentis sorciers, la caravane du Mali passera et poursuivra inexorablement sa route pour le développement tant qu’il y aura des compatriotes convaincus.

Consciencieux et suffisamment mûrs pour accompagner le Président Amadou Toumani Touré dans l’œuvre gigantesque d’édification d’un Mali prospère et envié dans le concert des nations modernes et démocratiques, entamé depuis quelques années. A bon entendeur, salut

B. Sidibé sbnoumbary@yahoo.fr

03 novembre 2006.