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C’est avec un profond regret que L’Inter de Bamako se voit exclu de toutes les activités (séminaires – formation) organisées par la Maison de la Presse (MP).
A cet effet, nous avons pris langue avec son président pour savoir ce qui se passe. Mais la réponse est toujours la même «Ce sont nos partenaires qui nous apportent la liste des journalistes et des organes de presse qui doivent prendre part à tel événement».

Nous rejetons en bloc ces propos qui ne sont pas convaincants dans la mesure où la Maison de la Presse à travers son président et les autres membres ont pour mission de défendre les droits et les intérêts de tous les organes du pays.

Mais une minorité de cette presse, qui s’est transformée en caisse de résonance d’un pouvoir chancelant, jette l’anathème sur les autres organes. Les hommes passent, le Mali demeure. Les journaux qu paraissent régulièrement sont au nombre de 27.

L’Inter de Bamako est l’un des rares organes d’informations générales fondé par une femme qui tient tant bien que mal tête aux hommes. Les trois nouvelles femmes fondatrices de journaux, lancés en 2007 : la Voix du Mali, Kolokali et la Nouvelle Nation.

Ces journaux ont involontairement mis fin à leur course avec les hommes. Tout simplement, la jalousie gratuite et le mépris des hommes font qu’elles se sont éclipsées parce qu’ici on ne fait pas de cadeaux aux Eve.

Dans la sous région ouest africaine, la directrice de L’Inter de Bamako reste, avec une Sénégalaise directrice de publication, encore en fonction, malgré le procès d’avril 2006 le condamnant à payer 300.000F CFA d’amende à Dioncounda Traoré pour diffamation.

Ce n’est pas tout, une agence de communication de la place à été contrainte d’annuler un bon de commande d’insertion publicitaire avec nous sur injonction d’une cellule de communication gouvernementale.

Raison ? L’Inter de Bamako n’est pas tendre avec le pouvoir ATT. Il serait un journal de l’opposition assure-t-on sur les collines.

Autre discrimination : le ministre de la Communication a récemment offert des équipements à des organes de la place sans tenir compte du genre.

Dans un pays où le pourcentage des femmes (52%) dépasse celui des hommes, et ou le nombre d’intellectuels hommes est plus élevé que celui des femmes, il faut encourager les initiatives féminines.

A quoi bon de parler d’équité, de genre, d’égalité dans un pays cité en référence en démocratie où on veut combattre à tout prix celles qui veulent tenir un langage de vérité dans un Mali qui ne veut plus de vérité (tjignè).

Une presse responsable doit- être critique et sévère dans ses analyses quel qu’en soit ses accointances avec le pouvoir. Mais vouloir à tout prix ramener le tout à soi et à ses amis journalistes c’est mal récompenser tous ceux qui se sont battus pour vous, mon très cher petit frère Makan Koné, président de la MP.

Vous êtes à l’image du président de la République qui après avoir utilisé les partis politiques qui l’ont porté au pouvoir, les a laissés choir. Ce que je vous demande, c’est d’être juste et droit envers ses confrères.

Entre nous, confrères, il faut le dire, la vraie plaie de la presse est la création de l’Organisation des jeunes reporters du Mali (OJRM). Tout comme le mouvement Citoyen constitue un frein à la démocratie.

La seule structure qui résiste encore et continue de résister aux pressions du pouvoir ATT est la presse libre et indépendante (5 sur 27 parutions).

Beaucoup de confrères sont dans mon cas. Ils sont frappés par la même exclusion.

Pour terminer, je voudrais dire que tout à une fin. Les hommes passent les peuples demeurent. L’Inter de Bamako vivra et vaincra.

Inchallah !

Chers confrères unissons-nous.

Amy SANOGO

19 Mai 2008