Partager

Du lieu secret où il se cache depuis la chute du président ATT, le président du PDES, par ailleurs ancien ministre de l’équipement et des transports, nous a fait parvenir une lettre où il s’adresse aux militants de son parti. Lisez plutôt.

Militantes et Militants du PDES,

Ahmed Diané Séméga

Mes chers amis,

J’ai choisi de vous écrire cette lettre à une période critique de l’histoire de notre pays. C’est le cœur lourd que je vous livre mes sentiments.

J’ai consacré 10 années de ma vie au service de mon pays et je n’ai ménagé ni mon temps ni mon énergie. J’ai tout donné parce que rien n’est aussi exaltant et gratifiant pour un homme que de servir son pays. Toute ma vie, je serai reconnaissant à celui dont la confiance m’a permis de servir le Mali à un niveau aussi élevé : le Président ATT. Le 22 mars 2012, un vent de folie a soufflé sur notre pays. Il a saccagé tout sur son passage. Il a mis à terre l’État, a fait vaciller toutes nos certitudes et a enroulé d’un manteau noir notre espérance en un Mali émergent !

La jeune démocratie de notre pays, malgré ses hauts et ses bas, toujours citée en exemple comme un modèle, n’est plus qu’une illusion perdue. L’intégrité territoriale, si chère à notre peuple, est remise en cause, la dignité de notre peuple bafouée ! Une classe politique aux abois et une communauté internationale scandalisée et dont l’action reste confuse pour sortir de l’impasse. Voilà le cauchemar qui trouble le sommeil de tous les Maliens.

Mes chers amis, le tableau est sombre. Les périls sont nombreux et les fondements mêmes de notre nation sont fortement ébranlés. Cependant, nous ne devons pas baisser les bras et regarder impuissants le naufrage du bateau Mali. Oui, nous du PDES devons aujourd’hui plus que jamais, serrer les rangs et donner un sens à notre engagement politique que traduit éloquemment notre crédo : « Retrouvons ce qui nous unit ». Tout pour le Mali. Il n’ y a pas de vents contraires pour celui qui sait où il va. Oui, nous devons être sur le pont, la tête haute, la poitrine bombée face au péril pour retrouver notre cohésion, renforcer notre engagement et, ensemble avec les autres partis politiques du Front Uni, relever les défis immenses qui se dressent devant nous : les défis de la restauration de l’état de droit et de la démocratie.

Quant à moi, les événements m’ont imposé un exil douloureux. Chaque instant passé loin du Mali, loin de vous en un moment aussi critique est une torture. Après avoir vu en un matin détruit tout ce que j’ai construit pendant de si longues années d’efforts et avoir enduré le traumatisme infligé aux êtres qui me sont le plus chers, j’ai décidé, au risque de ma vie de quitter mon pays si cher. Ce qui ne veut nullement dire que je renonce au combat. De cœur et d’esprit je suis avec vous pour redonner au pays sa fierté perdue.

Mes chers amis, préparez vous à des moments difficiles, rien ne nous sera épargné, nous les compagnons d’ATT. Ni les mensonges, ni les montages grotesques, ni les intimidations, ni même les agressions en tout genre, y compris les atteintes à notre intégrité physique, rien ne nous sera épargné ! Mais rien ni personne n’ébranlera notre conviction. Nous avons œuvré durant ces 10 années pour faire de notre pays, fièrement enraciné dans ses valeurs traditionnelles de dignité, un pays moderne, solidaire et respecté. Nous sommes conscients des faiblesses de notre bilan. Elles sont nombreuses et expliquent, quelque part, la situation actuelle. Mais notre ambition de faire du Mali un pays en progrès constant n’a jamais varié d’un iota. Nous avons un devoir d’inventaire sans complaisance et aussi une obligation de vérité : celle de rester fidèles aux idéaux qui ont inspiré la création de notre parti: la justice, la solidarité et la paix.

Plus que jamais la devise de notre pays « un peuple – un but – une foi » doit résonner très fort dans nos cœurs et nos esprits. Maintenant plus que jamais, les paroles de notre hymne national doivent tous les jours nous rappeler notre devoir sacré, celui de nous battre pour le Mali éternel. C’est à ce prix que nous recouvrerons notre intégrité territoriale. C’est à ce prix, enfin, que nous retrouverons notre démocratie malmenée. Que Dieu bénisse notre pays.
Retrouvons ce qui nous unit !

Hamed Diané Séméga

Procès Verbal du 23 avril 2012