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Ils ne sont que 18 mais incarnent un symbole fort: les gendarmes en uniforme bleu, qui patrouillent désormais quotidiennement à Bria, ville diamantifère du centre de la Centrafrique, montrent que l’Etat tente de reprendre peu à peu le contrôle de ce fief de l’ex-rébellion Séléka. L’électricité n’est plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir dans la cité, majoritairement musulmane, et où des milliers de déplacés sont arrivés ces derniers mois, fuyant les violences à Bangui et dans le sud du pays. Seules les dizaines d’échoppes de diamantaires rappellent l’immense potentiel du sous-sol et les nombreux gisements dans les brousses environnantes. Les anti-balaka (milices à majorité chrétienne constituées en réaction aux exactions de la Séléka) sont pour l’instant coincés à Grimari, à 300 km à l’ouest de Bria. Ici, on ne s’aventure à parler politique qu’à voix basse. Les habitants qui acceptent de témoigner requièrent l’anonymat. Les regards sont souvent hostiles aux rares Occidentaux présents. Plusieurs hommes, en civil mais très bien renseignés, menacent l’équipe : « On ne veut pas de journalistes ici », lance un homme à moto et vêtu d’une djellaba. AFP.