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Co-organisée par le gouvernement du Mali et le PNUD, la 6ème Table ronde des bailleurs de fonds du Mali s’est ouverte, hier jeudi 12 juin, au CICB, sous la présidence du Chef du gouvernement, Modibo Sidibé, avec à ses côtés, l’administrateur associé du PNUD, Ad Melkert. Les membres du gouvernement, les représentants des organismes et pays partenaires et la société civile malienne prennent part à ces travaux.

Ceux-ci, qui prennent fin aujourd’hui, doivent permettre au gouvernement de convaincre ses partenaires au financement de près de 2 070 milliards de FCFA représentant le coût estimatif de la mise en œuvre du PDES, du CSCRP et des OMD sur la période 2008-2012.

Le Mali fonde beaucoup d’espoir sur cette 6ème Table ronde. Celle-ci doit confirmer la confiance des bailleurs de fonds en notre pays et leur engagement pour le financement des projets et programmes de développement.

En effet, dans le souci de cohérence, de concordance et de lisibilité des coûts et dépenses, il a été fait une jonction entre tous les plans de financement : Cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (CSCRP) les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et le Programme de développement économique et social (PDES).

La jonction de ces trois plans dégage un besoin de financement de 8 676 milliards de FCFA sur cinq ans sur lequel 5 865 milliards sont acquis. Sur le reste, 2 810 milliards, l’Etat s’engage à prendre en charge plus de 388 milliards et le reliquat, soit près de 2 070 milliards de FCFA ,est à rechercher auprès de la communauté internationale.

Autant dire que la mission est indélicate, mais pas impossible pour le gouvernement. Car, comme l’a laissé entendre l’administrateur associé du PNUD, Ad Melkert, « le Mali suscite l’émotion et l’admiration des partenaires  » qui reconnaissent les efforts consentis dans le sens du développement socio-économique, les progrès réalisés dans divers domaines et la nécessité d’un accompagnement du Mali dans cette voie.

L’administrateur associé du PNUD a laissé entendre que le succès enregistré, lors des dernières élections générales, confirme la volonté du peuple malien de consolider son processus démocratique. Cependant, il n’a pas passé sous silence le problème du nord. Au sujet de celui-ci, il dira qu’il ne saurait y avoir de développement sans stabilité.

Cette table ronde sera l’occasion de faire le bilan de celle de Genève de 2004, mais aussi de poursuivre le dialogue sur l’efficacité de l’aide. Au nom des partenaires, M. Ad Melkert s’est dit conscients des actions jusque-là engagées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. maliweb.net. Cependant, il regrette le fait que ces actions n’ont pu réduire l’extrême pauvreté qui sévit au Mali.

En fait, de 2004 à nos jours, le niveau de pauvreté n’a reculé que d’un pour cent.  » Le niveau de pauvreté au Mali est inquiétant, notamment en milieu rural. Un bon nombre de défis annoncés à Genève n’ont pu être atteints » a souligné avec force, Ad Melkert. Qui a rappelé que la lutte contre la pauvreté doit être associée à la bonne gouvernance et à la transparence.

L’augmentation du taux de croissance s’avère alors comme un passage obligé. De même que la qualité de la gouvernance, le renouveau de l’action publique, la restauration de l’autorité de l’Etat. Des défis auxquels Modibo Sidibé est attentif.

« Malgré divers chocs exogènes que l’économie malienne a subis, notamment les aléas climatiques, le Mali a connu une nette amélioration des indicateurs économiques et sociaux  » a indiqué le Chef du gouvernement, en mettant un accent particulier sur les performances économiques (taux de croissance moyenne de 5%), nette amélioration de l’accès aux soins de santé, à l’éducation de base (près de 75%), à l’eau potable (68%) en matière d’infrastructures.

Etat stratège, régulateur et facilitateur, doté des capacités d’anticipation et de coordination

Les objectifs et priorités du CSCRP, repris dans le PDES, dit-il,  » traduisent l’ambition manifeste de transformation économique et sociale du Mali, se fondant sur l’exceptionnelle vitalité et la créativité des maliens ainsi que sur les grandes potentialités  » devront permettre à notre pays d’atteindre les OMD de 2015.

Modibo Sidibé est résolument engagé à faire de la qualité de la gouvernance le gage de succès des politiques et programmes et à faire de l’amélioration de la performance l’objectif majeur du renouveau de l’action publique.

Pour cela, dit-il, le gouvernement s’est doté d’une feuille de route qui fera l’objet d’évaluation régulière. L’objectif final, poursuit le Chef du gouvernement, est de construire un «  Etat stratège, régulateur et facilitateur, doté des capacités d’anticipation et de coordination, pour amorcer le décollage économique « .

Cette table ronde se tient dans un contexte marqué par une flambée d’une ampleur inégalée des cours du pétrole et des produits céréaliers. Et Modibo Sidibé d’afficher ses intentions de faire du développement agricole le moteur d’une croissance accélérée et durable. C’est à ce prix que le Mali sera exportateur de riz et s’adjuger a une part importante du besoin d’importation de l’Afrique en riz, estimé à 8 millions de tonnes par an.

En tout cas, le Chef du gouvernement est «  conscient que le premier facteur de réussite d’une croissance économique forte et durable réside dans le maintien d’un cadre macroéconomique stable « . Et, pour cela, des réformes sont prévues dans l’Agenda.

Youssouf CAMARA

13 Juin 2008