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L’ancien Premier ministre Abdoulaye Sékou Sow s’est laissé entraîner dans le ridicule en tentant de discréditer un Etat dont il a accepté d’être le Premier ministre après en avoir été son ministre de la Défense. A travers son livre, ‘’l’Etat démocratique et républicain, la problématique de sa construction au Mali ‘’, il s’est fait passer pour un homme persécuté par un parti politique largement majoritaire à l’époque.

En s’attaquant à un Chef d’Etat qui l’a nommé au détriment d’une personnalité issue du parti majoritaire, Me Abdoulaye Sékou Sow ne fait, non seulement, pas montre de gratitude mais il prend des libertés avec la vérité historique. Il se met dans une mauvaise posture, celle de l’antidémocrate. Quoi de plus normal qu’un parti largement majoritaire au pouvoir demande que le Premier ministre soit issu de ses rangs, ce qui demeure la pratique la plus constitutionnelle en démocratie pluraliste ? Le débat politique se passe d’atermoiements superflus d’autant plus qu’ils sont très tardifs, donc très suspects.

Effectivement, la question de savoir ‘’pourquoi l’a-t-il fait maintenant ? ‘’ s’avère éminemment importante puisque ces révélations tout à fait contradictoires dans le contexte de l’époque, faisant croire que l’ancien président de la République, Alpha Oumar Konaré avait donné l’ordre de faire sortir l’armée pour mater les élèves et étudiants, ne sont pas le fruit du hasard. C’est pour ternir l’image de l’ancien président et discréditer l’Adéma-Pasj ? C’est le scénario rédigé en 2002 qu’Abdoulaye Sékou Sow serait tenté de rééditer.

Il convient de rappeler que lors d’un entretien qu’il avait accordé en 2002, sous le couvert de l’anonymat, avant même la déclaration de la candidature d’ATT, il avait annoncé la victoire du général Amadou Toumani Touré. Il avait, à cette occasion, adressé des critiques à l’endroit des partis politiques.

Nos sources nous avaient fait savoir, à l’époque, qu’ATT et Abdoulaye Sékou Sow se rencontraient nuitamment. L’ancien Premier ministre aurait même été un conseiller occulte du Chef de l’Etat. S’est-il engagé dans la logique de tenter de déstabiliser l’Adéma-Pasj qui fait actuellement une progression remarquable sur la scène politique ?

Il convient de rappeler que c’est la mésentente des Abeilles sur le choix de leur candidat en 2002 qui a dispersé les militants et fragilisé la Ruche, permettant à ATT de gagner l’élection présidentielle. Selon nos sources, Abdoulaye Sékou Sow était au cœur, mais dans l’ombre du stratagème destiné à faire gagner ATT. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas pardonné au parti de l’Abeille de lui avoir fait savoir, en 1993, qu’il n’était pas issu des rangs de l’Adéma pour prétendre à la Primature.

La revanche de Abdoulaye Sékou Sow sur l’ancien parti au pouvoir étant difficile à prendre au moment où l’Adéma était au pouvoir et inutile quand il n’y était plus, il lui a donc fallu attendre le moment propice où la Ruche était en train de reprendre du poil de la bête pour gravir la colline de Koulouba. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on et c’est là où ça fait mal qu’il faut frapper. L’ancien Premier ministre succombe finalement à sa rancune. C’est pourquoi, celui qui a fait de lui le Premier ministre poste qu’il ne méritait pas, compte tenu des forces politiques en présence s’est vu qualifié de commanditaire d’un ordre tout à fait surprenant et impensable, celui de faire marcher l’armée sur les élèves et étudiants en 1993.

De surcroît, dit-il, IBK n’a pas accepté de démissionner, ce qui est tout à fait logique car il était le président de l’Adéma-Pasj et, de ce fait, soutenu par le parti majoritaire au pouvoir. Pourtant, le parti aurait pu faire partir Abdoulaye Sékou Sow par une simple motion de censure, puisqu’il détenait une majorité écrasante, mais il ne l’a pas fait.

L’ancien Premier ministre qui, sous la pression de la rue, a compris qu’il ne pouvait, seul, affronter la crise politico sociale et avait démissionné par conséquent. Le régime politique de la 5ème République française dont notre Constitution s’est largement inspirée, est clair sur ce point. Nul n’ignore qu’en France, le Premier ministre est désigné au sein de la majorité parlementaire, même au risque d’une cohabitation. C’est démocratique et républicain. De quoi se plaint donc Abdoulaye Sékou Sow ? Il était à la Primature, comme un cheveu dans la soupe. Avec les bonnes grâces du Président de l’époque, un certain Alpha Oumar Konaré.

Baba Dembélé

10 Septembre 2008