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Le PDES dans une offensive de communication tapageuse s’affiche à Bamako, aux grands carrefours, et annonce pompeusement, ou faut-il dire inopportunément, une marche dont on ne sait où elle conduira.
Le pays brûle au Nord et le feu couve déjà aux portes de Ségou et c’est de ligne de Sotrama qu’on nous parle ! dont on se prévaut !

L’année scolaire est compromise, l’école menace de s’effondrer durablement et c’est de couloir de bus qu’on nous entretient ! Fièrement !
Alors qu’il est déjà un défi titanesque de penser pouvoir sauver dans six mois, comme l’annonce en a été faite, une année scolaire et une école mortellement touchées, on nous jette à la figure des panneaux publicitaires de style nord- coréens !

Le peuple a faim et menace de mourir, car le plan riz n’est que de la poudre aux yeux. Et c’est d’anneau routier urbain dont on nous gargarise!
Non. En réalité, ce sont les prix, désormais rendus accessibles, des denrées de nécessité qui auraient dû s’afficher sur les murs de Bamako pour témoigner de la marche du PDES.

C’est l’annonce de la paix définitive au Nord et de la vitalité de notre diplomatie sur le dossier qu’on devrait placarder au fronton du pays pour nous dire que le PDES s’accomplit.

C’est la solution à la crise exacerbée de l’école qui aurait valu une annonce, qui aurait fini de convaincre de la pertinence et de l’audace du PDES. De sa capacité à aller au charbon et à relever les vrais défis.
Au lieu de cela, Bamakois, bientôt vous aurez une nouvelle ligne de Sotrama. C’est bien, mais est-ce l’essentiel par les temps qui courent ? Au point d’en faire le pavoisement de la capitale.

La rue gronde, la faim gronde, la guerre gronde, l’école tonne. Le PDES, lui aussi, gronde du bruit assourdissant de ces machines vertes, pour occuper l’espace et ainsi marquer sa présence. Un marketing politique douteux.


S. El Moctar Kounta

08 Mai 2008