Partager

campagne1.jpg
La campagne agricole 2008/2009 a démarré dans un contexte socio-économique caractérisé par la hausse des prix des céréales, notamment celui du riz. Le premier facteur déclencheur de la campagne est la pluviométrie. Pour cette année, elle a été au rendez-vous.

Et dans l’ensemble, selon la note de synthèse mensuelle présentée par la Direction nationale de l’agriculture (DNA), la situation pluviométrique à la fin du mois de juin est meilleure à celle de l’année dernière à la même période.

Le cumul des pluies, indique cette note, est dans l’ensemble supérieur à celui de l’année dernière, excepté pour les localités de Douentza, Menaka et Tessalit. La mise en oeuvre de l' »Opération pluies provoquées » permet de combler les déficits pluviométriques qui pourront être observés dans certaines zones agricoles.

Puisque la pluie était globalement au rendez-vous, elle agit naturellement sur les hauteurs des cours d’eau du pays. Ainsi ces dernières sont supérieures à celles d’une année moyenne pour la même période sur tous les cours d’eau à l’exception du Bani à Douna et Bafind à Daka-Saïdou. En perspective, la montée des eaux se poursuivra normalement sur les hauts bassins.

Le suivi et la conduite de toute campagne agricole requiert la disponibilité du personnel et des moyens logistiques y afférent. Ainsi pour la présente campagne, les besoins globaux en moyens humains étaient de 1687 agents toutes catégories confondues. Les besoins à satisfaire sont de 582 agents. Dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de campagne les besoins en personnel sont de 705 agents toutes catégories confondues.

Ce déficit sera compensé en partie par la constitution des pools techniques, l’intervention des prestataires dans le cadre du Programme d’appui aux services agricoles et aux organisations paysannes (PASAOP) et la mise à disposition des 102 agents recrutés cette année dans la fonction publique dans le cadre de l’initiative riz.

Le tableau qui n’est pas reluisant est celui des moyens logistiques, où la Direction nationale de l’agriculture ne dispose que d’un seul véhicule en bon état pour accomplir les missions d’appui aux directions régionales. La même situation prévaut dans certaines directions régionales et secteurs d’agriculture.


Les niveaux de semis satisfaisants.

Autre situation critique : la situation de l’approvisionnement des producteurs en engrais. A la date du 30 juin, seuls 64.492 tonnes dont 14.629 tonnes d’urée, 37.491 tonnes de complexe coton et 12.372 tonnes de complexes céréales étaient disponibles grâce à la CMDT. Ces dernières semaines, le rythme de mise en place des engrais s’est accéléré. Ce qui augure d’un approvisionnement correct.

Les quantités de semences disponibles couvrent les besoins du plan de campagne pour certaines cultures. L’écart le plus important est enregistré au niveau du riz. La semence Nerica n’a pu être obtenue malgré les efforts du gouvernement.

Toutefois ces handicaps n’ont pas empêché les emblavures des cultures d’atteindre un certain niveau. Ainsi le niveau global de réalisation du riz tout système de production confondu (maîtrise totale, submersion libre, pluvial) est de 35,35% contre 7,97% la campagne précédente et à la même période. Le niveau d’emblavure pour les cultures sèches et le fonio sont également satisfaisants.

Le mil a atteint un niveau de semis de 34,56%, le sorgho avoisine les 29%, le maïs a atteint la côte de 30% et le fonio a crevé le plafond avec 45,12% à la fin du mois de juin.

Sur le front phytosanitaire, des cas d’éclosion isolés de sautériaux pourraient se produire dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti suite aux pluies. Des conseils ont été prodigués aux producteurs pour les précautions d’usages à prendre afin de minimiser l’impact des déprédateurs.

Malgré ces impairs, la campagne agricole 2008/2009 présente une allure qui augure d’une bonne campagne si les pluies arrivent à temps et les engrais promis tombent au moment opportun.

Les agents de la DNA et des DRA n’ont pas lésiné sur les conseils pratiques à apporter aux producteurs pour rendre cette campagne moins stressante et plus productive afin d’atteindre les objectifs de production de l’initiative riz qui sont de 3 millions de tonnes de céréales dont un million de tonnes de riz marchand.


M. COULIBALY

***


Plantation d’arbres : Conseils pratiques

La semaine dernière à Barouéli, le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Agatham Ag Alassane a procédé au lancement de la campagne nationale de reboisement à grande échelle sur toute l’étendue du territoire. Pendant tout le mois d’août, généralement bien arrosé, les activités de plantation d’arbres fruitiers, forestiers vont s’intensifier. La tradition des années précédentes sera respectée.

Mais en dehors de cette campagne nationale, des particuliers plantent au quotidien des arbres fruitiers et/ou d’ombrage dans leurs vergers ou concessions.

Cependant peu de personnes savent que la survie des arbres plantés dépend essentiellement de la nature du sol, de la disponibilité d’une source permanente d’eau (puits à grand diamètre, cours d’eau de proximité, forage), de la préparation et de la profondeur du trou et de l’apport de fumure organique doublé de l’apport de fongicide pour parer aux attaques d’éventuels insectes.

Mme Goro Aminata Goro est technicienne en protection des plants à l’Institut d’économie rurale (IER) située derrière la cité ministérielle sur la route de Djicoroni. Elle est chargée de la pépinière d’arbres fruitiers et d’ombrage de l’Unité des ressources génétiques. La spécialiste nous prodigue quelques astuces pour réussir une plantation d’arbre.

Avant de se lancer dans la réalisation de son verger et/ou de planter des arbres fruitiers ou d’ombrage dans sa concession, quelques précautions d’usage sont nécessaires.

Le choix du terrain et la connaissance de la nature du sol, la présence d’une source permanente d’eau sont des préalables incontournables. Il est souhaitable pour ceux qui veulent faire un verger de faire analyser des échantillons de terre et d’eau au laboratoire sol-eau-plante de l’IER.

Ces analyses fines permettront de déterminer la qualité du sol sur lequel les plants d’arbres vont atterrir et la qualité de l’eau pour savoir quels sont les éléments nutritifs ou nuisibles qu’elle pourrait contenir. Ces analyses permettront de déterminer les apports d’engrais et les traitements appropriés à apporter avant ou après les plantations pour réussir l’opération, conseille la technicienne.

Cette précaution doit être un préalable que les promoteurs de vergers ne doivent pas négliger. Mais peu de promoteurs s’y prêtent par méconnaissance.

Une fois la nature du sol et la qualité de l’eau déterminée, la seconde étape est le piquetage à savoir la technique de jalonnement des arbres avec des distances à respecter entre les plants.

S’il s’agit d’un verger, la distance à respecter est de 10 mètres entre les plants. Dans le cas d’une concession, la distance est de 4 à 5 mètres entre les arbres. Toutefois, dans le cas d’une concession, l’arbre fruitier en direction des toilettes doit être planté à moins de 5 mètres des lieux d’aisance, recommande la technicienne.

Le cycle de production raccourci.

Après cette étape de jalonnement, le promoteur doit procéder à la trouaison.

Le trou doit avoir un diamètre et une profondeur variant entre 80 cm et un mètre. Les premières couches de terre enlevées doivent être mises de côté pour être mélangées au terreau, à la bouse de vache et au fongicide à raison de 100 grammes de ce produit par trou.

Cette matière compacte est reversée au fond du trou avant d’être surmontée par la terre de profondeur et l’ensemble est abondamment arrosée d’eau. Quatre heures de temps après, l’opération de plantation peut intervenir. Mais auparavant, il faut placer un piquet au beau milieu du trou pour s’assurer que le plant sera disposé à équidistance des parois.

Enlever le piquet et faire un trou de la dimension de la motte de terre qui accompagne le plant et le placer soigneusement. Bien tasser la terre aux alentours du plant tout en s’assurant que l’arbre n’est pas incliné. Arroser avec un demi seau d’eau aussitôt après la plantation.

Après cette dernière opération, l’arrosage du plant peut intervenir une fois par jour pour les arbres plantés en concession et deux fois par semaine, si c’est un verger.
La technicienne Mme Goro donne quelques conseils relatifs à la réussite des arbres fruitiers, selon la nature des sols. Elle indique que les manguiers et les agrumes peuvent réussir sur des sols sablonneux, limoneux ou caillouteux.

Ils ne poussent pas bien sûr des sols argileux, là où les bananes réussissent. Sur un sol calcaire, il n’y a aucune chance de faire pousser des arbres fruitiers. Les racines vont buter sur la roche qui empêche toute infiltration. L’arbre ne survivra pas longtemps.

L’Unité de ressources génétiques dispose de plants de diverses variétés améliorées d’arbres fruitiers. La recherche a réussi à raccourcir le cycle de production de nombres d’arbres fruitiers. Ainsi l’âge de production du karité, du baobab, du tamarinier ou du jujubier a été ramené à 5 ans contrairement aux peuplements naturels.

Ceux-ci entrent en production aux environs de la cinquantaine-soixantaine ou centaine et plus pour le tamarinier. L’âge de production des variétés améliorées de manguiers est d’un an. Pour les agrumes, les récoltes sont prévues à 6 mois, pour la pomme cannelle (Sounsoun) la récolte est prévue à la troisième année.

Les plants de manguiers et d’agrumes sont vendus à 750 Fcfa le pied, ceux de jaquier, pomme cannelle et crambolier à 500 Fcfa l’unité. L’avocatier et le jujubier greffé sont cédés à 1500 Fcfa pièce, le tamarinier et le karité améliorés à 5000 Fcfa pièce.

L’Unité des ressources génétiques dispose de plus de 100 variétés de mangues. La technicienne Mme Goro Aminata Goro assure que les variétés Victoria, Irwin ou Julie sont très appréciées du public. Il est dommage que les chercheurs maliens n’aient pas pensé à donner des prénoms du terroir à certaines variétés améliorées.


M. C.

22 Juillet 2008