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Quelques rondins de bois en travers de la route pour bloquer les grumiers: c’est ainsi que les villageois gabonais manifestent leur colère face à nombre de compagnies forestières qui tardent à respecter l’obligation légale de les aider. « C’est malheureux, mais nous sommes souvent obligés d’en venir à un rapport de force pour nous faire entendre », déplore Hervé Allogo, un habitant du village d’Essong Medzome, à proximité d’Oyem, dans le nord du Gabon. Depuis 2014, la loi gabonaise prévoit que les sociétés versent de l’argent aux comités de villageois pour soutenir des projets dans les localités où elles opèrent. Près d’Essong Medzome, un village de plus de 300 âmes, une société forestière asiatique a obtenu en 2015 un permis d’exploitation du bois. En contrepartie, « nous avons demandé la construction d’une école et d’un centre de santé. Mais jusque-là, la société n’a pas réagi », déplore M. Allogo. Les habitants de Minvoul, une ville proche de la frontière du Cameroun, ont fini, eux, par demander l’expulsion de la compagnie forestière, sans obtenir gain de cause auprès des autorités. Ils dénoncent l’absence de concertation avec cet opérateur asiatique ou encore la violation de leurs droits d’usages coutumiers comme l’accès aux plantations, la chasse ou l’abattage de bois pour la construction. Après des négociations parfois Les exemples foisonnent, dans ce pays qui accueille plus de 150 opérateurs forestiers et où l’industrie du bois représente près de 5% du PIB national. Le secteur a généré 10.000 emplois entre 2010 et 2017, selon les chiffres officiels.- « Lenteur administrative ». AFP