Partager

Alors que les autorités maliennes attendent des forces internationales pour aider l’armée nationale à bouter hors de nos frontières les islamistes d’Ançar Eddine installés au Nord du pays depuis six mois, les États unis d’Amérique soutiennent la tenue d’élection présidentielle. Le vendredi 28 septembre 2012, la proposition a fait l’objet d’un échange entre la presse et des responsables de l’ambassade américaine à Bamako.

A l’opposé de la France et beaucoup de pays africains, les États unis d’Amérique proposent, comme solution de sortie de crise, la tenue de l’élection présidentielle avant une intervention militaire aux fins de libérer le Nord du Mali. Le vendredi 28 septembre, Leanne Cannon, Attaché culturelle de l’ambassade et certains de ses collaborateurs, ont rencontré la presse pour soutenir la position officielle de leur pays sur la question du Nord Mali. Cette question a été débattue au conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière.

Pour les États unis, la tenue de l’élection présidentielle doit précéder toute intervention militaire au Nord du Mali. Et pour cause.

A en croire Leanne Cannon, le vieux Continent exige l’élection d’un président démocratiquement élu au Mali et qui sera le seul interlocuteur, le seul responsable. Ils estiment que le pouvoir au Mali est détenu par plusieurs responsables. Lesquels ont souvent du mal à accorder leurs violons pour défendre une cause commune au moment opportun. Une manière pour eux de fustiger la présence de l’ex junte dans l’arène politique du pays.

Pour les États unis, on ne doit pas attendre la libération du nord dont la durée n’est pas déterminée pour entamer l’organisation des élections. En clair le pays de Barack Obama veut éviter une transition marathon qui risque de conduire le pays au chaos comme cela a été constaté dans d’autres pays voisins. Pour éviter cela, ils tiennent à un déclenchement prochain du processus électoral indépendant de celui de la libération du Nord. Ils tiennent que le premier ne soit aucunement lié au second.

Parlant de leur partenariat avec le Mali, Leanne Cannon et ses collaborateurs affirment que la suspension de la coopération américaine avec un pays est automatique chaque fois qu’un coup d’État y est perpétré. Le Mali ne fait pas exception à cette règle.

Le Millenium challenge et d’autres formes de coopérations américaines ont été rompus suite au coup d’État du 22 mars. Cependant affirme, Moussa Doumbia, chargé de Communication et de Relations publiques de l’USAID au Mali, les États unis restent présents au Mali dans le cadre de l’assistance humanitaire. A l’en croire, plus de 92 millions de dollars sont investis dans ce domaine depuis les évènements de mars. Les déplacés du Nord et d’autres habitants de la région de Kayes ont apprécié à juste valeur ces gestes humanitaires de la part des États unis à travers l’USAID.

Les États unis sont prêts à soutenir le Mali pour la tenue très prochaine de l’élection de son nouveau président de la République. Ils espèrent l’appui de nombreux autres pays pour cette élection.

D’ores et déjà ils disent être optimistes quant à la participation des personnes déplacées à cette consultation électorale.

Markatié Daou

L’Indicateur du Renouveau du 01 Octobre 2012