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Le Mali va –t-il de mal en pis ?

Pour coudre ‘’le bec au peuple malien’’, le Président IBK et son Premier ministre, tous KEITA de la lignée de Soundiata KEITA, ce grand empereur et grand guerrier qui a eu à fonder l’Empire Mandingue dont les griots malinkés de Kita, de Kayes, de Kéla, de Bananikoro, de la Guinée continuent à chanter aux générations actuelles l’hymne de l’honneur. Ayant accédé au pouvoir en 2013 avec un score record de 77,8% de vote en sa faveur, il a hérité d’une situation catastrophique dans un pays en lambeau depuis 2012. Son score élevé s’explique par le fait que ses slogans de campagne ont été considérés par les populations comme de l’argent content. L’honneur et le bonheur du Mali et des maliens, la résolution u problème du nord en trois mois de gestion, la non négociation avec les hommes en arme, aucun crime des rebelles ne restera impuni ont joué sur le mental des maliens, qui l’ont considéré comme l’homme de la situation. Au bout d’une année de gestion déjà, il y a eu le scandale de l’avion présidentiel, qui jusque-là n’a pas révélé son prix réel au peuple malien. Il en a été de même, pour l’achat des équipements militaires. Celui-ci a révélé après vérification des services de contrôle de l’Etat, une surfacturation de 56 milliards F CFA environ. Certains membres du Gouvernement ont laissé leurs peaux dans ces deux affaires. Ensuite est venu la débâcle des FAMAS à Kidal le 21 mai 2014, avec son cortège de plusieurs dizaines de morts et avant cette débâcle, nous avons comptabilisé parmi les martyrs de la crise du nord, six administrateurs égorgés le 17 mai 2014 à la suite de la visite du Premier ministre Moussa MARA.

C’est donc dans ces conditions que la délégation malienne est-allée en négociation en Algérie sous l’égide de la Communauté Internationale, en position très faible, sinon la délégation malienne aucun ancien Ambassadeur de Mali en Algérie ne figurait sur la liste, alors que ceux-ci ont une connaissance avérée sur la question. De ces négociations achevées au bout de huit rounds, un projet d’accord a été imposé aux deux parties en conflit à savoir le Gouvernement et la Coordination des Mouvements Armés de l’Azawad (CMA). Si la CMA a refusé de parapher le projet d’Accord, en prétextant, recueillir l’avis de sa base estimée à 60 000 habitants, par contre le Président IBK a donné l’ordre sans murmure, ni hésitation, sans faire référence au reste de la population malienne estimée à 15 millions habitants. Et même les 13 pages d’observation de la société civile, des partis politiques de l’opposition, comme de la majorité, rédigées et remises au haut représentant du Chef d’Etat dans les négociations, devenu entre-temps Premier ministre n’ont pu être intégrées dans le projet d’Accord pour la paix et la réconciliation.

Le malheur du Mali a été ‘avoir cru aux commentaires d’IBK sur ledit accord, en le qualifiant d’historique, même s’il n’était pas parfait, de la qualifier comme étant la solution vraie par rapport à une rébellion répétitive au nord du Mali. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, la signature a été faite en grande pompe avec la participation d’une dizaine de Chef d’Etat et des représentants du Secrétaire général des Nations Unies, de la France, bref de la Communauté Internationale. Le produit appelé Accord d’Alger n’avait pas les qualités qu’IBK lui a attribuées, pour le vendre au peuple malien. Il n’était ni sucré, ni doux, ni nutritif, ni anticancerogène. Plus d’une année, après la signature, la guerre continue de plus belle au nord, où l’école et l’administration n’y sont plus depuis trois ans, au centre et même à Bamako. Plus de 400 civiles, militaires éléments des forces internationales ont été tuées sans que la CMA ne rende compte. La sécurité ventée avec la signature de l’accord est devenue l’insécurité généralisée au Mali, Kidal semble quittée définitivement avec la complicité de la Communauté Internationale le giron malien. Si le Président Dioncounda TRAORE de la transition malienne a su de par son intelligence, réintégré Kidal à la République, l’Accord d’Alger signé le 15 mai a officialisé la perte de Kidal du giron malien. Et l’espoir s’amenuise de plus en plus pour voir un jour Kidal dans le Mali. Qui l’aurait cru le jour de la seconde signature de l’Accord, c’est-à-dire celle des rebelles ?
Les deux cent mille emplois projetés pendant la campagne électorale de 2013 sont devenus un chimère pour les jeunes sans emplois. Le mensonge publié à cet effet, émanent du département de l’emploi n’avait d’autre but que d’enrichir un bilan qui n’existe pas.

D’un côté on crée 121 000 emplois de l’autre côté on crée 400 000 chômeurs à travers l’opération Ami Bulldozer. Où est donc le sérieux ?
La corruption est devenue plus intelligente dans les ministères. La lutte contre la corruption est devenue la lutte contre les pauvres. Les FAMAS mal équipées, mal organisées subissent des attaques meurtrières à tout bout de champ, alors que par ailleurs elles n’ont été dotées financièrement que de 10 milliards sur 213 milliards de prévu. Le manque de vision d’IBK a fini d’enterrer le Mali. Le bilan de trois ans est totalement désespérant.
Lorsque viendra le dimanche 4 septembre 2016, les Sbires et Landateurs se lanceront dans une campagne médiatique pour tromper le peuple une fois de plus. Au demeurant tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute.
Ecoutez-les bien alors Monsieur le Président.

Le Carrefour du 1er Septembre 2016