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Le comité syndical de l’Institut d’Economie Rurale (IER) a envoyé un préavis de grève au ministre de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les Institutions via une correspondance datée du 22 janvier 2007. Dans cette lettre avec ampliations à l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) et au Syndicat National de la Production (SYNAPRO) il est notamment stipulé qu’en cas de non satisfaction de ses revendications, le Bureau Exécutif de la Section Syndicale de l’IER décide de déclencher une grève générale de 48 heures de l’ensemble des travailleurs de l’IER sur toute l’étendue du territoire national, allant du lundi 12 au mardi 13 février 2007 à zéro heure.

Les revendications des travailleurs de l’IER sont relatives notamment à la non application de l’article 7 du Statut des chercheurs par le ministère de l’Education nationale, le blocage de la nomination et de l’avancement des chercheurs de l’Institut d’Economie Rurale, l’insécurité grandissante des travailleurs de l’IER et de leurs matériels de travail et l’agression foncière dont l’Institut est victime.

A propos du point concernant le Statut des chercheurs, Lassana Sacko, Secrétaire Général de la Section Syndicale de l’IER, fera remarquer que nombreux sont les détenteurs d’un diplôme de doctorat, qui plus est, ont près d’une décennie de services et plus de trois publications scientifiques à leur actif, mais qui sont demeurés encore dans le corps de Chargés de recherche. Alors que le Statut des Chercheurs stipule qu’il faut avoir le doctorat, avoir exercé pendant cinq ans et avoir fait deux publications scientifiques pour être dans le corps supérieur, celui des Maîtres de recherche.

Cette situation, à en croire notre interlocuteur, est imputable à une négligence du ministère de l’Education nationale.

La Commission créée pour les évaluer n’a, en réalité, jamais vu le jour. Plus grave, plus d’une trentaine de chercheurs n’ont pas encore bénéficié de la hiérarchisation. Résultat : ils ne peuvent pas toucher la prime de fonction de 12 500 FCFA. Ils ne sont pas non plus alignés sur la grille indiciaire du Statut des Chercheurs plus alléchante que celle de la Fonction Publique. Une situation qui constitue un facteur de démotivation des Chercheurs.

Pour ne rien arranger à la situation, les 268 hectares qui ont été affectés à l’IER à Sotuba et destinés à accueillir diverses structures chargées de la mise en œuvre des programmes de recherche agricole, sont l’objet d’agressions de la part des populations de Sotuba. Avec la bénédiction de certains responsables politico administratifs de la commune I. Les dommages causés par ces agressions, selon l’évaluation d’un expert indépendant, s’élèvent à 1,8 milliard de FCFA.

«Au cas où cette grève d’avertissement de 48 n’aboutit pas à des résultats concluants, nous sommes prêts à déclencher une autre grève de 72 heures et, par la suite, une grève illimitée pour faire aboutir notre cause» de confier Lassana Sacko.

Un scénario-catastrophe si l’on sait la place stratégique qu’occupe l’Institut dans la recherche agricole au Mali. Il n’est que de rappeler que c’est l’IER qui est à la base de la découverte de nombre de variétés performantes de céréales, notamment de riz.

«Des structures comme la CMDT et l’Office du Niger ne peuvent pas lever leur tête sans l’IER» de conclure Lassana Sacko.

Yaya SIDIBE

08 février 2007.