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La Banque africaine de développement (BAD) vient de lancer une étude sur les transferts de la diaspora africaine (www.afdb.org/diaspora)), afin de canaliser ces transferts financiers vers des actions de développement, d’en réduire les coûts de transaction et d’en renforcer l’efficacité.

Cette étude fait ressortir, en effet, ressortir-ce qui n’est pas nouveau- l’importance sociale, économique et financière des transferts de migrants dans les pays dits récipiendaires. Leur volume représente entre 9 et 24 % du PIB des pays étudiés (Maroc, Sénégal, Mali, et Comores), soit entre 80 et 750 % de l’aide publique au développement dont ils sont bénéficiaires.

cette nouvelle orientation fait partie des recommandations contenues un rapport indépendant d’un panel d’experts sur l’Afrique au XXIe siècle et l’appui que la BAD doit lui apporter. Ces experts affirmaient notamment que : « L’Afrique a besoin d’une banque de développement solide, et la BAD doit être cette banque. Sa mission doit être de réduire la pauvreté et d’oeuvrer pour le développement par la croissance et l’intégration économique ». Ces experts demandent clairement à la BAD de ne viser qu’un seul grand objectif : être la première institution de développement en Afrique : « Nous croyons que la Banque africaine de développement peut et doit devenir le premier organisme de développement en Afrique, qui donnera à ce continent une voix forte, en Afrique et ailleurs, de sorte que les Africains prennent la place qui leur revient, à l’avant de l’économie continentale », poursuit le rapport indépendant.

Ce panel est co-présidé par M. Joachim Chissano, ex Président du Mozambique et M. Paul Martin, ex Premier Ministre canadien comprend entre autres personnalités MM. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, Soumaïla Cissé, ex Président de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), François-Xavier de Donnea, Wiseman Nkuhlu, Jean Michel Severino, Timothy Lankester, Emmanuel Tumusiime-Mutebile, Ndi Okereke-Onyiuke, Paul Yuma Morisho.

Par ailleurs, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), M. Donald Kaberuka, a séjourné à Addis-Abeba où il a participé à la 10e assemblée ordinaire de l’Union africaine (UA). En marge de ce sommet, Donald Kaberuka a eu une série d’entretiens avec des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi qu’avec des partenaires au développement travaillant avec la BAD. Au cours de son séjour, le président de la BAD a animé avec le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, une table-ronde de haut niveau sur les Objectifs de développement du millénaire (ODM), le développement agricole et l’impact de la hausse des prix agricoles sur les populations les plus démunies.

Depuis 2006, elle organise tous les ans, en étroite coopération avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), une Conférence économique africaine qui vise à promouvoir la recherche sur le développement et à rapprocher les chercheurs de la diaspora des centres de décision.

L’orientation imprimée par la BAD sur la culture des résultats, sur les préoccupations africaines et les secteurs prioritaires pour dynamiser la croissance en Afrique (intégration économique régionale, infrastructure, eau potable et assainissement, renforcement du secteur privé, bonne gouvernance, éducation) semble porter ses fruits, comme en témoigne la reconstitution record des ressources du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, portées par les pays donateurs à près de 9 milliards de dollars pour la période 2008-2010.

Enfin, Donald Kaberuka a fait de la connaissance du terrain un important pilier de son travail à la tête de la BAD, en visitant en deux années de mandat la moitié des Etats africains.

Afrique Echos

20 Février 2008.