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Du début de sa célébration au Mali (1994) à nos jours, c’est cette année seulement que des innovations ont été apportées dans la Journée Internationale de la Femme au Mali. Toute chose que tout le monde a saluée. Par contre, certaines femmes n’ont pas du tout salué cette différence des tissus confectionnés pour l’occasion.

Ce mécontentement de ces femmes est relatif au manque d’harmonie entre les différents habillements. En effet, pour ce 8 Mars, la même uniforme -si l’on pouvait l’appeler ainsi- comportait toutes sortes de couleurs : le vert, le bleu, le jaune, le marron…

Des femmes fustigent

Certaines femmes, n’étaient pas du tout enchantées de ce côté “bariolé“ de habillement, pour l’uniforme du 8 Mars. Et pour cause : selon elles, ce n’était pas du tout esthétique.

Selon Mme Touré Ami Traoré, depuis l’année dernière, il y a eu changement à ce sujet, car deux couleurs de tissus avaient été confectionnées.
Nous les femmes, nous voulons seulement être en harmonie, c’est-à-dire porter la même couleur d’uniforme. Cette année, la première dame, la ministre des femmes et nous qui avons défilé, nous étions toutes différentes par l’habillement. Si on se réfère à d’autres pays, par exemple au Burkina Faso, les femmes étaient toutes habillées de la même couleur de tissu. Moi quand même, je ne comprends pas les Maliennes. Elles exagèrent trop les choses”, a-t-elle déclaré.

Pour moi, on n’avait pas besoin de confectionner toutes ces couleurs de tissus-là. Une seule allait faire l’affaire des femmes cette année. En tout cas, je n’ai pas du tout apprécié la multiplicité des tissus. Car ça peut susciter des frustrations chez certaines femmes. Par exemple? Une femme dirigeante portait le tissu marron, et moi, je portais le bleu. Or pour moi, le tissu qu’elle portait était de meilleure qualité. Alors je peux penser qu’ elle a droit à ça, et moi non”, a fait remarquer Mme Bouaré Alima Kampo.

Ségrégation dans la couleur et la qualité

Aussi, il faut qu’à l’avenir, les organisateurs et organisatrices du 8 Mars pensent à rendre accessible à tous le prix de l’uniforme choisi : les pauvres aussi bien que les riches, les chômeurs aussi bien que les travailleurs.

En effet, cette différence de couleur des tissus de l’uniforme de cette année a engendré pas mal de frustrations parmi les femmes. Ce qui, du coup, a créé une grosse fausse note, quand on sait qu’en plus de l’équité du genre, cette Journée de la Femme est censée démontrer l’égalité entre les femmes elles-mêmes.

Mais que dire lorsque des femmes se sentent diminuées rien qu’à cause d’une différence de qualité de tissus, des tissus censés pourtant représenter le même uniforme et honorer la même occasion?…

Cette différence de tissus et de couleur aurait favorisé plutôt les femmes fonctionnaires. Aussi, celles qui ne le sont pas, de fustiger que ces femmes de bureaux travaillent et gagnent de quoi subvenir à leurs besoins, entre autres, s’acheter les tissus de qualité de ce 8 Mars.

Par contre, celles qui n’ont pas d’autres sources financières de revenu étaient obligées d se contenter des tissus dits “de piètre qualité“. Du reste, elles n’avaient guère le choix, selon elles. “Nous qui n’avons rien, que pouvons nous faire d’autre?”, les entendait-on se lamenter de tous côtés.

Aussi, beaucoup de femmes ont déploré la mauvaise qualité des tissus jaunes qui, selon elles, sont très légers par rapport aux autres tissus à couleurs marron et le bleue : les meilleures qualités, celles des “patronnes“ et des “nanties“.

Pouvait-on leur donner tort, quand on pense que de tout temps, elles ont acheté, chaque année, la même uniforme au tissu d’une même couleur, et que cette année, une forme de “ségrégation de couleur et de qualité” est instituée dans cette uniforme, venant ainsi gâcher la fête?

Pire, beaucoup de femmes travailleuses (les fonctionnaires) reçoivent gratuitement cette tenue du 8 Mars, alors que plein de femmes du commun doivent suer sang et eau pour l’obtenir.

C’est dire que dans cette distribution et cet achat d’uniforme, du 8 Mars, il y a assurément quelque chose d’anormal qu’il faudra rectifier à l’avenir. A moins que le 8 Mars… ne soit pas fait pour toutes les femmes.

C’est dire enfin que si tout s’est bien passé concernant son organisation, ce 8 Mars a laissé un goût amer chez beaucoup de femmes, du fait de cette multiplicité de couleur et de qualités des tissus confonctionnés.

Mariétou KONATE

11 Mars 2008.