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C’est une première dans notre pays : un Premier ministre avec peu de personnalité. Il est clair qu’il a le don d’accumuler les bourdes, notre cher Premier ministre doté de pleins pouvoirs. De ses récentes gaffes, on peut retenir: le choix, sinon l’imposition, d’une présentatrice télé pour son voyage en Algérie et en France, sa conférence de presse improvisée qui a donné la névralgie aux journalistes à Paris et sa chialerie pour expliquer aux Maliens de France ce qui est arrivé au Pr Dioncounda Traoré.

Actuellement, en plus d’institutions fortes, le Mali a plus que jamais besoin d’hommes coriaces à la tête de ces institutions fortes. Il est vrai que près de deux mois après son l’installation, le chef du gouvernement n’a encore produit aucune feuille de route.

Le vulgarisateur – et non navigateur – du programme Pathfinder de la Nasa est un Premier ministre qui peine aussi à évaluer les priorités de sa patrie, un pays qui souffre d’un mal double. Les seules prouesses qu’il a accomplies, depuis sa nomination, en dehors du fait de jouer les jeux de deux acteurs décriés (le capitaine Amadou Haya Sanogo et le général Moussa Traoré), ce sont des one man shows insipides à chacune de ses sorties officielles. Des spectacles qui nous placardent la honte à nous autres Maliens. La transition politique est vraiment mal partie.

Puisque Pr Dioncounda Traoré est déclaré « hors jeu » pour les alliés et les partenaires du Mali, c’est bel et bien ce bourreau incontournable de la délicatesse qui est désormais l’interlocuteur numéro un dans notre crise.

De maladresses en maladresses, notre Premier ministre n’a pas hésité, par simple caprice, d’imposer sa présentatrice préférée pour la couverture officielle de son voyage en Algérie et en France. Cela est une première au Mali, l’on n’a jamais vu un responsable, de surcroit un Premier ministre, choisir un journaliste. A l’accoutumée, c’est la Direction de l’Ortm qui s’en charge. Et toutes les personnes clairvoyantes qui ont eu écho de cette lourdeur, en ont vu une histoire rose. Quelle honte ! Comme le dit bien un confrère bien inspiré, ATT a eu son affaire «La maîtresse du président» que Cheick Modibo Diarra nous épargne une affaire du genre «La journaliste du Premier ministre».

Le Premier ministre malien a chialé, larmoyé

Arrivé jeudi dernier à Paris en provenance d’Alger, Dr Cheick Modibo Diarra s’est longuement entretenu avec Pr Dioncounda Traoré, le président par intérim qui se porte à merveille. Mais il reste à Paris pour se soigner, a-t-on dit. Notre Premier ministre a ensuite donné une conférence de presse hors du commun. Un véritable duel de communication entre le Premier ministre et la presse s’est produit à Paris, ce jour-là. Tant par les propos peu concluants du Premier ministre que par le caractère espiègle des questions des confrères. C’est après cela que notre baladin a joué un autre one man show. maliweb.net. Ce spectacle inédit est en train de faire le tour du monde grâce à la libéralité du site web Youtube. Le Premier ministre malien a chialé, larmoyé, pour raconter aux Maliens vivant en France l’agression du Président intérimaire. Depuis la mort de Coluche, la France n’avait jamais autant rigolé.

Quelle mouche pique toujours Dr Cheick Modibo Diarra pour tomber dans de telles tares? La réponse est claire : c’est la mouche de la gaucherie, de l’inexpérience, de la maladresse et parfois de l’inélégance, quand c’est utile, qui aiguillonne notre histrion. Ce type n’a nullement la carrure d’homme capable de diriger un gouvernement de sortie de crise. Pour qui sait lire entre les lignes, le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, n’a pas tort quand il dit que le Mali a urgemment besoin d’un gouvernement crédible et capable des engagements incontestables. Même son de cloche des partenaires techniques et financiers dont la banque mondiale en tête, qui ont dit niet au gouvernement actuel car jugé non représentatif.

Rokia Diabaté

Le Prétoire du 18 Juin 2012