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Bamako était à nouveau paralysée hier matin par un arrêt de travail déclaré par le Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali). Motif, ils protestent contre la nouvelle décision du gouvernement qui exige le paiement de la redevance péage par passage au niveau de tous les postes. Or, cet arrêt de travail n’est pas sans conséquences même si certains ont commencé à travailler depuis ce matin. 

Assetou Nana Fané est une étudiante : « Durant cet arrêt de travail des transporteurs, nous les étudiants souffrons énormément. Imaginez un étudiant qui quitte Dialakôrôdji pour aller sur la colline du savoir, et de là à Kabala. C’est un véritable calvaire. Beaucoup rateront leurs cours et cela risque de nous pénaliser lors de l’examen » s’écœure-t-il. 

Bamory Sylla est un commerçant dans le grand marché de Bamako. Ce commerçant habite à Lafiabougou, Il se sert toujours d’une Sotrama pour transporter ses marchandises dans ses différents magasins : « Sans quoi nous sommes foutus. Cet arrêt de travail nous impose une perte très énorme. Voici mes marchandises à la maison alors qu’ils devaient être dans leurs différents lieux de vente » ; dit-il. 

Bourahima Diallo et ses amis aides maçons empruntent toujours la Sotrama pour se rendre sur leurs sites de construction. Ce matin, ils marchent pour arriver à leur destination : « Nous marchons parce que les Sotramas sont en arrêt de travail, c’est très difficile pour nous. D’ici notre arrivée sur le site de construction, nous n’aurons plus assez d’énergie pour bosser comme d’habitude ».

Aminata Traoré est une coiffeuse qui ne travaille que la nuit. Elle se prononce: « Chaque nuit, mon chauffeur de taxi vient me chercher pour le boulot et revient me chercher à la descente. Cet arrêt ne m’arrange pas, lui non plus. Nous perdons tous les deux, car nous avons une famille à nourrir » a-t-elle déclaré. 

Quelles solutions ?

Ladji Fakana Keita, un des syndicalistes grévistes : « Il faut que les autorités revoient leurs décisions sans quoi cet arrêt de travail va toujours continuer. Nous exigeons qu’on revienne sur la base des anciens tarifs pour toutes les voitures de transport ».

Adama Yalomba, professeur: « Il faut que les syndicalistes des transporteurs comprennent que la société fonctionne selon des lois. Et si les autorités veulent appliquer ces lois, il faut qu’ils s’y conforment. La méthode du péage instaurée par l’Etat malien n’a pas été inventée. C’est ainsi que même les pays de la sous-région fonctionnent. Rien n’est nouveau, qu’ils (Syndicalistes) arrêtent de pourrir la vie aux populations en commençant à travailler. Cet arrêt de travail joue négativement sur l’économie malienne ». 

Moumine Diarra, citoyen lambda: « C’est très simple. La vie est très chère au Mali et ce que le gouvernement demande est de trop selon moi. Ces personnes cherchent leur pain quotidien, donc il faut être un peu indulgent envers eux ». 

Ali Koné, taximan : « Les syndicalistes des transporteurs et les autorités doivent échanger avec les autorités compétentes afin de trouver un terrain d’entente. Tout réside dans la communication ». 

Adama Sanogo

@Afribone