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Les Surveillants de Prison constituent bel et bien une force de sécurité. Nous apprenons dans l’histoire que les hommes vivaient à l’état de nature, qui, selon certains, était un état de guerre de l’homme contre l’homme, un état où l’homme vivait avec la peur au ventre d’être la proie de son semblable. Selon d’autres, l’état de nature était un état de dispersion et d’isolement. Avec la rareté des fruits les hommes ont décidé de vivre en société.

Dans la vie en société et à la suite d’un calcul rationnel les hommes vont juger qu’ils ont intérêt à instituer un Etat capable de les protéger des menaces de l’état de nature. L’Etat est ici un moyen au service d’une fin : la survie. Donc la mission première de l’Etat est de faire que l’homme vive sans crainte, donc en sécurité.

Selon le dictionnaire Larousse, la sécurité est comme une situation exempte de danger, ensemble de mesures ou organismes assurant la protection de l’individu. Selon le dictionnaire Larousse, la sécurité est la tranquillité d’esprit de celui qui pense qu’aucun danger n’est à craindre. Ces deux définitions se résument, à mon entendement, en une seule, la sécurité est l’absence d’inquiétude.

Revenons à nos moutons, l’Etat, cette antipolitique qui organise la vie d’une société sur un territoire donné a à sa disposition pour assurer la sécurité de l’individu entre autres : la police, la gendarmerie, l’armée, la justice, la prison. En cas d’attaque provenant de l’extérieur, l’Etat met en branle les forces armées et pour assurer la sécurité à l’intérieur l’Etat use de ses forces de sécurité.

En cas d’acte de vandalisme ou de banditisme, la police ou la gendarmerie fait les enquêtes préliminaires et traque les vandales ou les bandits. Quand ces derniers sont arrêtés difficilement ils passent plus de 72 heures dans les geôles de la police ou de la gendarmerie. Ces vandales, bandits ou simplement délinquants arrêtés sont “déposés”, sur ordre bien sûr du juge au nom du peuple, dans la prison construite et entretenue dans l’ordre normal des choses, par l’Etat pour la circonstance où ils restent pendant tout le temps de la détention provisoire et la durée de la peine prononcée par le tribunal compétent ou la Cour Compétente.

Vous convenez avec moi que sans prison toute cette chaîne procédurale se trouverait amputée de l’essentiel de son contenu et l’Etat même s’en retrouverait faible et qu’il n’y a pas de prison sans surveillants de prison, donc à César ce qui est à César, les surveillants de prison constituent bel et bien une force de sécurité même si au Mali ici, l’on veut se refuser à le reconnaître.

D’ailleurs nous assurons une mission de double de sécurité, nos fonctions font que les gens qui se trouvent dans nos mains, quoi que délinquants, vivent dans l’absence d’inquiétude conformément à la définition de la sécurité, l’inquiétude d’être passé à tabac ou lynchés à mort par leurs plaignants car, certains en ont plusieurs. Nos fonctions font aussi que les paisibles populations vivent également dans l’absence d’inquiétude parce que débarrassés quoi que temporairement des malfrats, bandits de grand chemin, coupeurs de route, vendeurs d’organes humains, etc.

Par ailleurs, par exemple, tu dis à quelqu’un : mais tu vis dans une telle pauvreté alors que tu comptes parmi les voisins M. X archimillionnaire, pourquoi tu ne vas pas l’agresser pour lui retirer sa fortune, il te répondra, je ne veux pas aller au “Lycée Technique de Bamako-Coura”. Donc par analyse, c’est la prison qui donne à la loi toute sa force et à la société tout son équilibre, toute sa tranquillité. C’est à cause de la prison que la société échappe à la violence de l’état de nature, la guerre de l’homme contre l’homme. Et, au risque de me répéter, il n’y a pas de prison sans surveillants de prison.

Mais malgré tout, les surveillants de prison ne sont jamais cités parmi les forces de sécurité. Pourtant, il suffit que la section syndicale de la justice, syndicat des surveillants de prison, projette d’aller en grève pour qu’on mette en branle toutes les autres forces de sécurité et même les forces armées. A la dernière grève en date, il paraît que même des engins blindés étaient prêts à intervenir. Hey, il faut donner à César ce qui appartient à César.

Si le département de la Justice peut ôter le mal du milieu surveillant, mais ne le veut pas, ça c’est de la méchanceté. Si le département de la Justice veut ôter le mal du milieu surveillant mais ne le peut pas, ça c’est de l’incapacité.

Si le département de la Justice ne peut ôter le mal du milieu surveillant ni le le veut, Hé ! Ça veut dire que le département de la Justice n’existe même pas, qu’Allah le Tout Puissant, l’omnipotent, le Clément, le Miséricordieux nous en garde.

Ne soyez pas fâchés hein !

Boubacar Sidiki Traoré dit Bakary Djan

Rue : 208, Porte 105 Daoudabougou – Tél. : 7633 81 77

12 Janvier 2009