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Le rôle d’un supporter est essentiel pour une équipe. Sans supporteurs, il n’y a point d’équipe, soutient Aboubacar Touré, président du Comité central des supporters du Djoliba athlétique club (DAC).

Le sport, notamment le football est une discipline qui mobilise de nombreux Maliens qu’il s’agisse de matches entre les clubs locaux ou de rencontres de l’équipe nationale, les rues ou les artères sont envahies par des personnes qui manifestent leur joie en cas de victoire de leur équipe ou leur mécontentement lorsque leur équipe perd : ce sont des supporters ou des sympathisants.

Selon le président du Comité central des supporters du Djoliba AC, une équipe phare de la capitale (elle est engagée dans la Coupe Caf et aura pour prochain adversaire le 13 juillet, le Club africain de Tunis), on considère qu’un tel est supporter du DAC dès lors qu’il détient sa carte de supporter, arbore pendant les matches les couleurs du club et supporte l’équipe dans le fair-play.

Il faut dire qu’au Djoliba, la carte de supporter coûte 3000 F CFA/an. Selon M. Touré, le club peut, chaque année placer 2000 ou 2500 cartes, mais cela ne veut pas dire que le Djoliba a environ 2000 ou 2500 supporters. D’ailleurs, aux dires de M. Touré, le Comité va bientôt réaliser un sondage afin de constituer un fichier des supporters du DAC.

M. Touré voit aux supporters « l’épine dorsale d’une équipe », car il revient à ces derniers, dit-il, de faire vivre l’équipe, de la soutenir matériellement, financièrement et psychologiquement dans la victoire ou dans la défaite. A l’entendre, un mauvais supporter, c’est celui qui croit que son équipe doit toujours gagner.

Le recrutement d’un entraîneur ou d’un joueur n’est pas du ressort du supporter, affirme notre interlocuteur. Ce boulot revient à l’administration du club. Cependant, le supporter a le droit de manifester d’une façon intelligente son mécontentement lorsque son équipe est mal gérée tant sur le plan financier que sur l’effectif et la qualité des joueurs.

Le Djoliba dispose d’un groupe de supporters qui répondent toujours présents lors des derbies du club. A eux, revient la tâche de pousser l’équipe, d’encourager les joueurs à travers les applaudissements, les battements du tam-tam, les chants, etc.

Pour M. Touré, bien que la contribution des supporters pour faire vivre les équipes demeure modeste, elle est capitale. Au Djoliba AC, la contribution de chaque comité est de 10 000 F CFA/mois. Chaque mois, le Comité central des supporteurs tient une assemblée générale des comités. Ce sont des moments de sensibilisation, d’information et d’échange sur les problèmes et les réussites de l’équipe, avoue le président Touré.

Par les contributions des supporters, l’équipe parvient à faire face à certaines dépenses qui sont, entre autres, la confection de petits drapeaux aux couleurs du club, de banderoles déployées au cours des matchs, la prise en charge des déplacements des supporters tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de faire certaines actions humanitaires…
« Mais au Mali et en général en Afrique noire, nous n’avons pas une culture de supporter », regrette M. Touré.

On applaudit que lorsque qu’il y a une action spectaculaire. Le supporter ne supporte son équipe réellement que lorsque celle-ci à la victoire. Le supporter croit que dans la gestion d’un club, tout doit venir de l’administration et des joueurs. « C’est tout fait le contraire », tranche M. Touré.

Denis Koné

04 Juillet 2008