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A Banankabougou, la famille D est connue et respectée de tous. Le vieux D était un modèle et ses enfants admirés pour l’éducation rigoureuse reçue.

D est mort. D’une manière, du reste que tout père de famille souhaiterait : entouré de ses progénitures, dans la paix, avec le sourire et les pleurs de ses enfants et petits-enfants, mais, surtout convaincu d’avoir accompli sa mission terrestre.

Les obsèques, comme on pouvait s’y attendre, ont été grandioses. Malgré la situation de Covid-19, les parents, voisins, amis et connaissances sont venus des quatre coins de la ville. D a été porté en terre avec les honneurs.

Les sacrifices du 3e jour, une foule nombreuse a fait le déplacement. Pour les passants qui ne savaient pas ce qui se passait dans la famille D aurait cru à une réjouissance dans la famille, tant, le sang des animaux a coulé, les marmites étaient partout et les plats circulaient. Ce fut des ripailles à tous les niveaux.

Les convives, après avoir mangé et roté, se perdaient dans des bénédictions à l’endroit du défunt. Le soir, il y avait du bon dèguè à partager entre tout le monde. Il fallait commencer par les nombreux mendiants attirés par les fumées se dégageant des cuisines et qui étaient encore à l’affut, malgré qu’ils s’étaient bien régalés avec les plats de riz au gras sur lesquels trônaient encore de grands morceaux de viande que les premiers occupants des plats n’avaient pas pu finir.

Dès que la distribution du dèguè a commencé, comme s’ils s’étaient entendus, les garibous se sont rués sur celles qui faisaient la distribution. Les pauvres dames sont tombées, les habits déchirés, la totalité du dèguè emporté.

Après, pour les femmes de la maison, c’était comme une seconde mort de D. Les femmes ont commencé pleurer et à se rouler par terre.

Soumba Diabaté

@Afribone