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Comme la plupart des 4.400 Rwandais qui vivent à Brazzaville depuis le génocide de 1994, Juvénal Turantsizé ne veut pas rentrer dans son pays : « Là-bas, il n’y a ni garantie, ni sécurité ». Mais le statut de réfugié qui les protégeait est aujourd’hui remis en cause, le Rwanda jugeant que leur sécurité était garantie s’ils regagnaient leur pays. Le Congo et le HCR sont d’accord, un consensus qui a plongé les réfugiés dans l’inquiétude. Les autorités congolaises étudient les dossiers des réfugiés rwandais au cas par cas, soit pour leur attribuer la nationalité congolaise, soit pour les aider à choisir un pays tiers d’accueil ou les rapatrier au Rwanda. Mais les Rwandais refusent de perdre leur nationalité et préfèrent rester au Congo comme réfugiés. Plus de 3.500 d’entre eux ont fait une demande en ce sens au Comité national congolais d’assistance aux réfugiés, selon son directeur Jules-César Botokou Eboko.« Je ne veux pas repartir. Ceux qui sont partis entre temps reviennent encore ici parce que, une fois au Rwanda, ils sont conduits pour aller combattre pour le M23 « , affirme Hussein Sibomana, 40 ans, conducteur de taxi.Le Mouvement du 23 mars est la principale guérilla de l’est de la RDC. Plusieurs pays occidentaux et l’ONU estiment qu’il est téléguidé par le pouvoir rwandais pour pourchasser les anciens génocidaires réfugiés en RDC et préserver les intérêts politiques et économiques de Kigali dans la riche région du Kivu. AFP.