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Le collège des ONG propose l’abaissement du seuil d’exposition aux champs électromagnétiques issus de la téléphonie cellulaire.

Le déploiement massif des réseaux de téléphonies mobiles (GSM, puis UMTS) induit-il un risque majeur en terme de santé publique, comme le fut en son temps l’omniprésence de l’amiante dans notre vie quotidienne ? A cette question plusieurs associations, comme Ecologie sans Frontières (ESF) ou Robin des Toits, épaulées par des scientifiques, répondent par l’affirmative. Ou plutôt, que tout est affaire de seuil d’exposition.

Les partisans d’un seuil de précaution ont donc saisi au bond l’organisation du Grenelle de l’environnement pour porter le débat sur la place publique. Le collège des ONG présent dans ce cycle de négociations a fait inscrire dans la synthèse de l’un des groupes de travail, baptisé «Instaurer un environnement respectueux de la santé», que le seuil maximal d’exposition soit abaissé à 0,6 volt par mètre (V/m), afin de protéger efficacement la population. Cette proposition sera donc examinée lors des discussions finales, qui démarrent dans les tout prochains jours.

En France, le niveau d’exposition du public aux champs électromagnétiques issus de la téléphonie mobile est fixé par un décret de mai 2002 à 41 V/m pour la fréquence de 900 Mhz (GSM) et à 61 V/m pour la fréquence de 2 100 Mhz (3G). Des seuils jugés dangereux par beaucoup d’observateurs, plusieurs études scientifiques ayant pointé les risques pour la santé (nausées, vertiges, modification de la structure ADN, tumeur cérébrale) d’une trop grande exposition aux ondes de téléphonie mobile.

Une proposition qui ne fait pas l’unanimité
Le 13 juillet 2005, Nathalie Kosciusko-Morizet, actuelle secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie avait, dans une proposition de loi, préconisé de fixer également à 0,6 V/m le niveau d’exposition de la population aux champs électromagnétiques. La région de Toscane, en Italie, et les villes de Valence (Espagne) et de Salzburg (Autriche) ont adopté des seuils de précaution similaires.

Mais cette proposition ne fait pas consensus. Pour les opérateurs télécoms, elle est en effet synonyme de risques économiques. En effet, si un tel seuil d’exposition ne devrait pas poser de difficulté dans des zones urbaines très denses, il n’en irait pas de même dans les campagnes où les antennes relais installées aujourd’hui doivent parfois porter à 20 ou 30 km.

Les ONG présentes au Grenelle de l’environnement demandent également «l’obligation pour tout opérateur de téléphonie mobile d’être couvert par une compagnie d’assurances, avant d’obtenir l’autorisation de déployer ou de poursuivre le déploiement de son réseau» (1).

Enfin dernière proposition de poids qui sera discutée lors du Grenelle : l’obligation d’information des abonnés par les opérateurs, et du public par le ministère de la Santé, notamment pour les risques concernant les enfants. Autant d’enjeux qui ont leur importance dans un pays où le téléphone mobile est désormais utilisé par près de 52 millions de personnes.

(1) A l’heure actuelle, les compagnies Swiss Re, Loyds, AXA, et Allianz, n’assurent plus les compagnies de téléphone mobile en responsabilité civile pour les risques sanitaires liés aux émissions des champs électromagnétiques, indiquent les ONG et le président du groupe des Verts au Conseil de Paris, René Dutrey.

Philippe Crouzillacqn Source : 01NET

21 Juillet 2008