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Le collectif des ressortissants du nord du Mali (Coren) a tenu une assemblée générale sur la situation sécuritaire de la zone. Les «circonstances douloureuses» liées à la rébellion armée ayant abouti à des centaines de victimes et à l’assassinat par balles d’un patriarche de la ville de Hombori sont jugées de «terrorisme» par le collectif qui appelle à «un effort de guerre» de la part de la population.

«Notre pays vit des heures graves» souligne le président du Coren, Malick Alhousseini Maïga, qui ne se prive pas de donner ses sentiments : «Autant que nous sommes à l’intérieur comme à l’extérieur, nous en sommes meurtris».

jpg_aghamani.jpg «Face au terrorisme, le peuple du Mali, par la voix de ses fils du nord, en appelle à la solidarité, à la fraternité des peuples frères de la France, de l’union européenne, de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger, afin que soient livrées à la justice du Mali et à la justice internationale, les responsables, porte-parole ou militants du terrorisme appelé avec emphase MNLA» a déclaré Malick Alhousseini Maïga, devant des centaines de ressortissants des quatre régions (Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal), ce dimanche 26 février, réunis en assemblée générale au centre international des conférences de Bamako.

Les 14 et 18 février dernier, le bureau exécutif du Coren s’est emparé de la question sécuritaire au cours de réunions qui ont regroupé près d’une centaine de cadres des différentes régions du nord. Au bout de longues heures d’entrevue, ces concertations ont abouti à la réalisation d’un plan d’action. C’est ce plan d’action qui était en discussion, ce dimanche 26 février au CICB.

La qualité des personnes prenant part à cette rencontre, au moins trois anciens premiers ministres (Mohamed Ahmed Ag Hamani, Ousmane Issoufi Maïga, Younoussi Touré) et plus d’une dizaine d’anciens ministres, prouve bien l’ancrage des communautés nordistes dans le tissu social, politique et économique du pays. L’objectif de l’assemblée générale, selon le président du collectif, est de mettre en place un fonds d’aide à l’armée, au retour des déplacés et réfugiés. Depuis le 17 janvier, le Mali est confronté à une rébellion armée qui a fait des centaines de victimes et des milliers de réfugiés créant par la même occasion une situation d’insécurité préoccupante dans le nord du pays.

Le collectif propose des solutions de sortie de crise qui s’articulent notamment autour d’un processus de dialogue national avec la ferme volonté de bannir toute idée d’indépendance de la zone réclamée par les assaillants du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA). Pour d’éventuelles négociations, conseille-t-il, l’Etat ne doit s’engager que dans des solutions raisonnables, avec comme procédure de validation de ces accords des consultations publiques de toutes les communautés.

Selon le collectif, le gouvernement doit engager des procédures judiciaires pour situer les responsabilités des massacres commis, faire une évaluation participative des différents accords signés avec les précédentes rébellions pour s’assurer de leur faisabilité. L’interdiction des milices armées est prônée par le collectif avec pour forte recommandation à l’Etat d’assurer efficacement la protection des personnes et des biens dans cette partie du pays.

Seydou Coulibaly

27 Février 2012

©AFRIBONE