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L’égalité, dit-on, constitue la base des relations qu’entretiennent les États. Cette théorie est malheureusement battue en brèche tous les jours par les faits, surtout quand il s’agit des relations France- Afrique. C’est à croire que l’Afrique est à la remorque de la France qui exerce sa suprématie sur ses vassaux.

La prolifération des ONG en Afrique est source de tensions et de conflits sur notre continent. La preuve, Médecins sans frontières puis Médecins du Monde toutes fondées par Bernard Kouchner, ancien haut fonctionnaire des Nations Unies et ministre de la Santé sous plusieurs gouvernements socialistes sont les creusets de plusieurs coups tordus de la Françafrique.

Plus de huit millions de morts ? Qui en parle ? L’histoire moderne de l’Afrique est écrite par des militants qui trient entre bons et méchants morts en usant du tamis de la repentance. Le président de SOS Racisme n’a-t-il pas affirmé qu’«évoquer le sang des Hutu, c’est salir le sang des Tutsi» ?

Dans les décombres du Mur de Berlin, la «Fin des idéologies» a permis l’émergence d’un nouveau militantisme qui, sous le respectable prétexte d’aider les pays pauvres d’Afrique, ne les regarde que par le prisme déformant de la faute originelle de l’esclavage, censée se perpétuer jusqu’à aujourd’hui via le colonialisme, puis le néocolonialisme. Bref, les maux d’Afrique ne s’expliqueraient que par un seul mot : la France.

1969 : une rébellion éclate au Nigeria
Le Biafra, province riche en gisements pétroliers, tente de faire sécession au reste du pays. La France, par l’intermédiaire de Jacques Foccart, soutient matériellement les indépendantistes : la partition du Nigeria permettrait en effet d’ouvrir un boulevard au groupe pétrolier Elf. Mercenaires, fonds secrets, agitation diplomatique, toute la panoplie des réseaux de la Françafrique est déployée pour soutenir l’effort de guerre.

Il restait à bluffer l’opinion publique. Comment ? Le colonel Maurice Robert, alors responsable des services secrets français en Afrique, s’est laissé aller à quelques confidences à ce sujet : «Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que le terme de «génocide» appliqué à cette affaire du Biafra a été lancé par les services secrets. Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l’opinion».

Dans cette opération de manipulation médiatique, l’ancien étudiant communiste Bernard Kouchner va jouer, sans doute à son insu un rôle clé. Venu sur place à l’appel de la Croix rouge et du Secours médical français, il crée le Comité de lutte contre le génocide du Biafra.
Les images des enfants biafrais faméliques bouleversent les téléspectateurs. Le Biafra devient une cause nationale. L’aide afflue. Dans les cargaisons de la Croix rouge on trouve aussi des armes. Un million de morts. Bernard Kouchner devient un des pionniers de l’urgence humanitaire et participe en 1971 à la fondation de Médecins sans frontières (MSF).

Rwanda 1994

En avril 1994, un génocide éclate au Rwanda. La France soutient les Hutu contre les Tutsi. Durant plusieurs mois, les Hutu ont massacré un million de Tutsi. Bernard Kouchner annonce que le public français est en état de choc devant l’horreur du génocide au Rwanda et qu’il voulait des actions concrètes : exporter des enfants rwandais en France.
Devant le refus des Autorités rwandaises Kouchner revient à la charge en posant devant les caméras un orphelin dans les bras. Il demande l’autorisation auprès de Roméo Dallaire commandant de la Mission onusienne de faire intervenir l’armée française à Kigali, ce qui mènerait vers la partition du pays.

Nouveau refus du général onusien, mais l’idée est là : faire intervenir la France au nom du principe humanitaire, alors que 90 % des victimes tutsi sont déjà exterminées. L’opération Turquoise sera finalement déclenchée, organisant, sous couvert d’une opération humanitaire, le retrait et la protection des forces génocides.

Quinze ans plus tard, Bernard Kouchner fustige «l’aveuglement criminel» de François Mitterrand et considère que l’Etat français a certainement commis une faute politique lors du génocide rwandais, il participe tout de même à un gouvernement niant l’implication diplomatique, politique et militaire d’une partie de l’exécutif français au Rwanda, et ce malgré les enquêtes fouillées publiées sur ce dossier.
Une position de déni défendue par Nicolas Sarkozy. Il (Sarkozy) fait ainsi front commun avec tous ceux qui défendent l’honneur de la France au Rwanda, puisqu’il était lui-même ministre du Budget en avril 1994.

Autre casserole accrochée derrière l’image vertueuse de Bernard Kouchner : le dossier birman

En 2003 (mars), le fondateur de Médecins du Monde monnaye son expertise d’avocat à l’entreprise Total pour la modique somme de 25.000 euros. La firme était à l’époque accusée d’avoir recours au travail forcé en Birmanie, ou la junte au pouvoir pratique l’esclavage et les viols sur la population. Après une brève enquête médico- sociale de quelques jours sur place, Bernard Kouchner blanchit le groupe pétrolier.
Son rapport sera utilisé pour défendre Total contre des victimes birmanes ayant porté plainte contre le groupe privé. Le cabinet d’expertise de l’ex ministre français des Affaires étrangères a décroché au Gabon, des contrats d’études sur un nouveau système de sécurité sociale et sur les dangers de la grippe aviaire.

Le Cameroun : La répression sanglante des indépendantistes (Ruben Um Nyobé) est absente des annales de l’histoire de la France. Les répressions, d’une tentative de coup d’Etat en 1984 et les manifestations exigeant une conférence nationale en 1992 ont fait des milliers de morts. Le Cameroun fait la fortune de plusieurs entreprises françaises (Bolloré, Bouygues…). Bernard Kouchner prête mains fortes au régime de Biya en lui offrant ses services.

La rébellion touareg : Les derniers évènements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. La politique française en Afrique a été définie par le Général De Gaulle. Depuis 1962, la rébellion est soutenue par certains éléments français.

A cet effet voici les propos du premier président malien Modibo Kéita : «Après un premier échec, ces éléments français ne se consolent pas d’avoir été vaincus, ils révisent leur stratégie et pensent pouvoir nous encercler par la création d’un foyer de subversion. Ils se préparent également à introduire des armes au Mali.

Evidemment le Gouvernement français est en dehors du coup. Mais qui peut dire que cette réprobation contre ces Français ne pourrait pas dans une certaine mesure, porter atteinte à l’amitié et à la confiance du Peuple Malien pour le Peuple Français, même si ce peuple, même si le Gouvernement Français n’en assument pas les responsabilités ?»

Amy SANOGO

13 Mars 2012