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Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi “l’indépendance de l’Azawad,” vaste région du nord du pays, dans une déclaration sur son site et via un de ses porte-parole sur plusieurs médias.

Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA en France, a clairement affirmé la responsabilité de son mouvement dans la sécurisation de la région du nord, ce qui pourrait se traduire à terme par un engagement militaire contre les islamistes.

« Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », a déclaré Mossa Ag Attaher sur la chaîne France 24, qui a indiqué vouloir respecter « les frontières avec les Etats limitrophes ».

« Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération », a ajouté M. Ag Attaher, dans des termes identiques à celui du communiqué du MNLA signé par son secrétaire général Billal Ag Achérif.

L’Azawad, zone grande comme la France et la Belgique réunies, est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

Dans une « Déclaration d’indépendance de l’Azawad » publiée sur leur site, les rebelles déclarent : « Nous, peuple de l’Azawad, (…) proclamons irrévocablement l’Etat indépendant de l’Azawad à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012 ».

Ce texte proclame la « reconnaissance des frontières en vigueur avec les Etats limitrophes et leur inviolabilité », « l’adhésion totale à la charte des Nations unies » et « l’engagement ferme du MNLA à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l’Etat basés sur une Constitution démocratique de l’Azawad indépendant ».

Cette proclamation intervient à peine deux semaines après un coup d’Etat militaire contre le président malien Amadou Toumani Touré, qui a plongé le pays dans une situation chaotique.

Les rebelles touareg du MNLA — qui avaient lancé une nouvelle rébellion mi-janvier avec comme objectif affiché l’indépendance de l’Azawad — et des groupes islamistes ont profité de la confusion née du putsch pour progresser sur le terrain.

Ils ont pris coup sur coup en fin de semaine dernière le contrôle des trois principales villes du Nord – Kidal, Gao et Tombouctou – sans rencontrer de résistance de la part d’une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d’Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, chassé le MNLA de Tombouctou et renforcé leurs positions dans plusieurs zones du nord.

Le MNLA a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses « opérations militaires ».

« Nous avons proclamé la fin des opérations militaires pour répondre à la communauté internationale », a expliqué vendredi Mossa Ag Attaher sur la chaîne BFMTV.

« Maintenant par rapport aux extrémistes, (…) nous savons que le MNLA a une lourde mission à accomplir, celle de sécurisation totale des régions de Gao, Tombouctou et Kidal », a-t-il ajouté, laissant entendre que son mouvement, laïque, pourrait engager des opérations militaires contre Aqmi et ses alliés touareg.

Le porte-parole a par ailleurs condamné l’enlèvement jeudi du consul d’Algérie à Gao (nord-est) « par un commando terroriste » lors d’une opération « très violente ». Alger a confirmé qu’un groupe d’assaillants « non-identifiés » avait emmené le consul et six de ses collaborateurs « vers une destination inconnue ».

PARIS (AFP)

09:56 – 06/04/12