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C’est enfin ce mardi matin (2 octobre 2007) que les écoliers maliens reprennent le chemin des classes. Une rentrée forgée par les pouvoirs publics. De toute évidence, l’État qui avait du mal à résoudre les problèmes du système éducatif national au terme de l’année académique précédente, peine à retrouver ses marques.

Dans un premier temps, les rumeurs annonçaient la rentée pour le 17 septembre dernier. Et, puisque les rumeurs concernant les affaires publiques sont toujours fondées au Mali, les autorités entendaient réellement mettre tous les scolaires au travail à cette date-là.

Dans la première semaine du mois de septembre, l’ancien premier ministre a rencontré les syndicats d’enseignant, les directeurs nationaux et bien d’autres partenaires de l’école. C’était évidemment pour leur parler de la nouvelle trouvaille de l’État : le report de la rentrée.

Sur le champ, personne n’avait bronché. Cela n’était d’ailleurs pas permis à ceux qui sont, de nature, critiques face aux mesures de ce genre, c’est-à-dire les syndicalistes. En tout cas, le gouvernement se disait soucieux de la demande de certains parents d’élèves qui étaient inquiets, semble-t-il, de la persistance de l’hivernage.

Pour les autorités, c’est normal que la rentrée soit reportée, puisque dans les campagnes « il y a des ponts et des routes détruits.» Ce qui rend ces localités difficiles d’accès.

Mais la réalité est toute autre. Un responsable syndical déclara à la presse, peu après l’annonce du report, que le choix du 2 octobre résulte de « l’incapacité de l’état à assumer ses charges et à son mimétisme ».

Si en effet la volonté de démarrer les cours en septembre nous rappelle le système français, il faut cependant reconnaître la nécessité d’une rentrée moins tardive. Les revendications corporatistes sont en général à l’origine du retard de la rentrée.

En envoyant seulement les élèves du primaire en classe, l’État entend se donner du temps. Il s’agit peut-être de permettre au nouveau ministre de l’éducation de trouver une transition pour les moments difficiles qu’il doit gérer. Ce ne sont pas les difficultés qui manquent.

De nombreuses classes qui doivent accueillir les élèves étaient encore en construction en septembre dernier, les administrations scolaires ne sont pas toutes dotées de fournitures scolaires (craie, livres et autres matériels).

En plus de ces problèmes il y a ceux qui sont relatifs au personnel éducatif. Un manque criard d’enseignants, surtout au niveau secondaire, freine les efforts censés améliorer les prestations de l’école malienne.

Un problème scandaleux à la limite quand on sait qu’il y a de nombreux diplômés des écoles de formation des enseignants qui n’ont pas d’emploi.

Soumaila T Diarra

02 octobre 2007.