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Un gendarme et un garde national mis aux arrêts hier à Gao

Dans notre précédente parution, nous évoquions la désormais affaire de «Karou», un village situé à la frontière entre le Mali et le Niger. Dans l’article ainsi titré : «en représailles à des vols d’animaux à Ansongo, quatre Touaregs maliens tués par des éleveurs peulhs du Niger», nous annoncions que les auteurs de ce crime n’étaient pas les membres du mouvement d’autodéfense, «Gandaïso» (le fils du terroir) dirigé par Amadou Diallo. Et que nos sources persistent et signent que ce sont les peulhs du Niger.

Nouvel élément versé à ce dossier : Le mouvement de Amadou Diallo, connu des autorités maliennes depuis plusieurs mois, a une base militaire, située à la frontière entre le Mali et le Niger. Là-bas, il entraine, à la fois, des peulhs de son milieu et ceux du Niger, lesquels sont accusés d’avoir commis ce crime.
La question que l’on est en droit de se poser est de savoir si les présumés tueurs nigériens ont agi sous le commandement de Amadou Diallo.

En tout cas, deux Maliens, porteurs d’uniforme, un gendarme, communément appelé Talha et un garde national répondant au nom de Mohamed Lamine dit Bossou, ont été mis aux arrêts dans la matinée d’hier, mercredi 3 septembre. Leur seul tort est d’avoir entretenu des liens d’amitié et de fraternité avec le chef de «Gandaïso», Amadou Diallo.

Cette mesure est manifestement dictée par la politique de deux poids, deux mesures. Tous les jours, la bande à Bahanga et autres vendeurs de produits illicites tuent des Maliens. Sans que personne ne crie au scandale. Les criminels ne sont même pas recherchés a fortiori châtiés. Mais une fois qu’on touche à un cheveu d’un Touareg, c’est la levée de boucliers. La République est sens dessus dessous.
Un proverbe de chez nous dit qu’au lieu de maudire l’endroit où l’on n’est tombé, il faut en vouloir au lieu où l’on a trébuché.

Pourquoi le gouvernement a-t-il laissé cet ancien du MPGK (Mouvement patriotique Gandakoye) abandonner, depuis plusieurs mois, son poste aux Entrepôts Maliens du Sénégal (EMASE) pour venir ouvrir une base militaire sur le territoire national au vu et au su des autorités de Bamako.

L’histoire récente de notre pays nous enseigne que le Mouvement d’autodéfense «Gandakoye» a laissé des tristes souvenirs. Tout le monde se rappelle la mort savamment orchestrée des Kel Elssouks (des marabouts Tamachecks) dans la périphérie de Gao. Nombreux sont les Arabes parmi lesquels des notabilités assassinées dans les mêmes circonstances à Tombouctou.

C’est dans cette foulée que le frère ainé de l’ancien Premier ministre, Mohamed Ag Hamani, a été tué à bout portant par les militaires. Conséquence : toutes les populations blanches ont fui la cité des Askias et celle des 333 saints. Parce que c’était une véritable tragédie, voire un carnage. Avec la naissance de «Gandaïso», on ne peut pas nous empêcher de penser aux exactions commises dans le cadre de «Gandakoye». Et d’inviter Bamako à mettre fin aux agissements d’Amadou Diallo.

Aucun pays civilisé ne doit accepter l’existence d’une milice d’autodéfense sur son territoire. A moins qu’elle n’ait été malicieusement et discrètement mise en place par le pouvoir lui-même.
A suivre.

Chahana TAKIOU

04 Septembre 2008