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Pour les quatre candidats du FDR, Dramane Dembélé, Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé et Jeamille Bittar, il y a des manœuvres tendant à faire un » passage en force » en faveur d’un candidat à la présidentielle du 28 juillet dernier. Hier face à la presse au siège de l’ADEMA, ces candidats et le président du front anti-putsch, Iba N’Diaye, ont déclaré que personne n’acceptera ce » complot contre la démocratie .

Dans son mot liminaire, le président de l’ADR/FDR, l’ancien ministre Ibrahima N’Diaye, a déclaré que c’est à propos des « résultats » qui circulent depuis hier (dimanche soir NDLR) que le front veut apporter une mise en garde. « Nous voulons, d’ores et déjà, souligner que ceux qui s’évertuent à faire croire qu’un candidat est élu dès le premier tour doivent se ressaisir pour ne pas nous amener à des situations qu’aucun de nous ne souhaite… « , a introduit Iba N’Diaye. Il a ajouté que la présence conférence vise à informer l’opinion nationale et internationale qu’il y a une volonté venant d’on ne sait où visant à forcer les choses en faveur d’un candidat.

Dans le communiqué lu par Djiguiba Kéita dit PPR, le FDR réaffirme être un front anti-putsch et non un front anti IBK. Cette alliance salue la très forte mobilisation des électeurs. Ce qui illustre de la détermination du peuple malien à tourner la page de la crise politico-sécuritaire de 2012. Le front dénonce les » dysfonctionnements et les couacs » qui ont empêché l’expression du suffrage de plusieurs électeurs.

Le FDR met en garde ceux qui tentent de proclamer un candidat vainqueur du scrutin alors même que les résultats officiels provisoires ne sont pas encore proclamés , a martelé PPR. Avant de s’insurger contre les déclarations de certains observateurs dont celui de la Francophonie dont certains propos annonçaient qu’un second tour est improbable.

Tour à tour, chacun des quatre candidats a stigmatisé la volonté de » mains invisibles » qui œuvrent, depuis longtemps, pour proclamer un candidat élu président de la République dès le premier tour. « Cela ne marchera pas. Ce n’est pas possible. Comment peut-on comprendre qu’en commune VI par exemple, un candidat s’arroge 90 % des voix et les 10 % partagés entre tous les autres candidats. Même au temps de l’UDPM, de tels scores ne se réalisaient pas « , a souligné Dramane Dembélé.

Pour sa part, Soumaïla Cissé a indiqué que le FDR a pour ciment fondateur le respect de la démocratie et des règles constitutionnelles. Si la Cour constitutionnelle venait à se prononcer sur un résultat, ils sont des démocrates pour l’accepter pour peu qu’il respecte la volonté du peuple. » Nous avons eu plusieurs élections présidentielles dans ce pays et nous connaissons les forces politiques en présence. Chacun se connait dans ce pays. Nous ne voulons pas proclamer les résultats que nous avons en notre possession mais ils nous permettent de dire qu’un second tour est inévitable « .

Dans son intervention, Modibo Sidibé a indiqué que tout le monde doit attendre patiemment que les autorités compétentes chargées de le faire, viennent proclamer les résultats issus des urnes.

Iba N’Diaye a appelé les Maliens à rester sereins et calmes à déjouer tout complot contre la démocratie malienne. Le pays sort à peine de la crise, a-t-il indiqué, personne n’a intérêt à créer des situations d’une nouvelle crise aux conséquences incalculables. Il a dénoncé le fait que la même radio puisse détenir en un temps record des résultats qui n’arrangent qu’un seul candidat. Il faut éviter de telles manipulations. »

On peut à la rigueur parler des premières tendances partielles ; mais tout mettre en œuvre pour déclarer quelqu’un élu dès le premier tour est un dangereux précédent. Nous n’accepterons pas ces manœuvres là. Il faut éviter de donner des résultats surtout lorsqu’on sait qu’ils sont sélectifs. Les chiffres compilés à notre niveau nous font penser qu’un second tour est inévitable « , a-t-il conclu.


Bruno D SEGBEDJI

30 Juillet 2013