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«Le bulletin unique, source de manipulation»

Kara, le jeudi 12 avril dernier, il est seize heures moins quand, autour du meeting, les responsables locaux du RPM présentaient le bulletin unique à leurs militants en prélude au vote du 29 avril, premier tour de la présidentielle. « Sur cette affiche, vous avez au premier rang et à droite notre candidat, El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta. Dans l’isoloir, il suffit d’introduire votre doigt dans l’encre indélébile et le poser sur la photo d’IBK à droite pour accomplir votre devoir civique et témoigner votre fidélité au Kankélétigui. Mais, attention, il ne faudrait pas que l’encre touche d’autres photos au moment du pliage pour ne pas rendre votre vote nul. Donc prenez des précautions, attendez que l’encre sèche afin de plier le bulletin ». Aussitôt ces propos prononcés par un responsable du RPM de Kara, qui suivait attentivement les instructions a éclaté en ces termes : « Hé, le bulletin unique est source de manipulation. Comment une tâche d’encre sur d’autres photos peut faire annuler le vote ? Tout cela est fait contre nous ».

«Il ne faudra pas que IBK laisse rééditer le coup de 2002»

Apparemment fier de la mobilisation et convaincu que la victoire est au bout de l’effort, un militant du nom de Seydou Kéïta a laissé entendre que « comme en 2002, nous allons gagner cette élection dès le premier tour. Cependant, il (le pouvoir NDLR) risque de voler encore notre victoire. Il ne faudra pas que IBK laisse rééditer 2002 en appelant les uns et les autres à la retenue. Nous ne nous laisserons pas voler notre victoire cette fois-ci ».

IBK à la mosquée et à l’église

Juste après le meeting qui a eu lieu à Fana, le vendredi 13 avril, le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéïta, un fidèle musulman, a tenu à aller accomplir ses devoirs religieux à la mosquée de Fana. L’arrivée de Ibrim a été un événement. Même s’il avait souhaité passer inaperçu comme tout autre fidèle, les notables de Fana ont tenu à lui réserver une place digne de son rang. Après la prière, la présence du candidat du RPM a été annoncée publiquement et les fidèles ont prié pour lui.

Après la mosquée, le vendredi 13 avril, IBK a rendu une visite de courtoisie aux chrétiens de Niono, catholiques et protestants, le samedi 14 avril, après le grand meeting au stade municipal de Niono où il s’était prononcé publiquement sur la nébuleuse et sempiternelle affaire de Samaya. Cette visite de IBK a été bien perçue par les chrétiens qui ont estimé que le président du RPM a une vision assez large et soutenue du Mali pour son développement harmonieux pour tous.


Le véhicule d’IBK entre en collision avec un bœuf

En provenance de Ségou, le véhicule du candidat IBK est entré en collision avec un bœuf dans les alentours de Bla aux environs de minuit. N’ayant pu éviter l’animal qui sortait de la brousse, le chauffeur du président l’a cogné. Conséquence : la devanture du véhicule fut légèrement endommagé et le radiateur perforé. Un constat fait à une centaine de mètres de l’accident après que l’animal eut disparu dans la nature. Le véhicule a été ramené dans la ville de Bla avant d’être acheminé sur Bamako. En attendant un autre véhicule du boss qui doit venir de Bamako, celui-ci s’est contenté d’une voiture de la délégation.

Un mort et deux blessés graves dans les rangs d’ATT

En tournée dans le cercle de San, un véhicule du Mouvement Citoyen, conduit par un chauffeur du ministère du Développement social que dirige le président national de cette association politique, Djibril Tangara, a fait un accident mortel dans la nuit du samedi 14 au dimanche15 avril dernier. Bilan : un mort (le chauffeur) et deux blessés graves. Selon nos informations, l’accident est survenu après que le véhicule de campagne du Mouvement Citoyen eut dépassé celui du RPM qui parcourait également la zone en prélude à la tournée de El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta.

Retrait des cartes d’électeurs : le plateau dogon en tête du peloton avec 63 %

En prélude aux élections générales de 2007, singulièrement de la présidentielle dont le premier tour est prévu pour le 29 avril prochain, le retrait des cartes d’électeurs se fait de façon générale très timidement. Face à cette situation malheureuse, le plateau dogon fait d’exception avec un taux de retrait très honorable. A la date du 12 avril dernier, le taux de retrait des cartes d’électeurs dans la région de Mopti était de 63%. En détail, nous avons pour ce qui concerne Koro : sur 149 322 inscrits sur les listes électorales, ce sont 98 380 personnes qui ont retiré leurs cartes. Ce qui fait 66%. A Bandiagara 75 647 cartes ont été retirées sur 17 606 soit 64, 32%. A Bankass, 55 048 cartes retirées sur 941 944 inscrits, soit un pourcentage de 57,98%.

A Douentza, il est de 54%. C’est Djenné qui boucle la boucle avec 34% de cartes d’électeurs retirées. Ce qui est au dessus du taux de retrait de la quasi-totalité des régions du Mali. D’où les inquiétudes du parti SADI du Dr Oumar Mariko, candidat à la présidentielle du 29 avril, quant à la fiabilité du scrutin.

La mise en garde d’IBK contre les gouverneurs, préfets et sous-préfets

Aussi bien qu’à Bamako à l’intérieur du pays la partialité des représentants de l’Etat fait peser une sérieuse menace sur le processus de démocratisation au Mali. Presque tous les gouverneurs, les préfets ainsi que les sous-préfets sont devenus des ardents défenseurs du régime à telle enseigne qu’ils créent ou ils adhèrent à des clubs de soutien au président de la République et entrent le plus souvent en conflit avec les responsables des partis politiques. C’est le cas à Markala, la cité ouvrière où la député Mme Diahara Traoré est à couteau tiré avec le sous-préfet. Face à cette situation, IBK a demandé à ses militants de recenser tous les actes irresponsables : tentative d’intimidation, menace et d’en informer la direction du parti.


Avez-vous entendu parler de Modibobougou, Moussabougou ou de Konarébougou
?

A propos des logements sociaux avec lesquels le pouvoir ATT se bombe la poitrine, IBK a estimé qu’il s’agit d’une fausse gloire. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, les dirigeants ont toujours œuvré dans le cadre des logements sociaux.
Le président Modibo Kéïta en a réalisés en son temps, ainsi que Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré. Mais qui a entendu parler de Modibobougou, Moussabougou ou de Konarebougou ? Ensuite, il est d’avis avec Soumeylou Boubèye Maïga qui estime que plus de 80% des réalisations du pouvoir ATT prennent leurs sources au temps de l’ADEMA.

17 avril 2007.