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Depuis un certain temps, il y a des tentatives d’emmener la communauté musulmane à se ranger derrière un candidat parmi les 28, lors de la présidentielle du 28 juillet. Pour ce faire, des appels sont lancés dans les mosquées pour relayer ce message. Ce qui a déjà commencé à créer d’énormes tensions dans nos lieux de culte. Et cela sous les yeux du ministre en charge du culte. Qui, pour le moment, ne souffle mot.

Le ministre des affaires religieuses et du culte, Yacouba Traoré, a désormais du pain sur la planche avec les associations islamiques qui veulent prendre la communauté musulmane en otage. En effet, depuis des mois déjà, certaines associations, sous le couvert du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), se font passer comme les porte-paroles de la communauté musulmane en envoyant des émissaires dans les mosquées pour, disent-elles, « sensibiliser pour le choix » que les fidèles doivent faire le 28 juillet prochain.

La stratégie étant d’essayer de convaincre, toujours sous le couvert du HCIM, les musulmans à apporter leur soutien à un candidat que lesdites associations auront choisi.

Une manière grotesque d’infantiliser les gens en leur faisant croire que le choix de ces groupuscules est celui de tous les musulmans. Quelle aberration ! Même s’il s’agissait du choix de l’imam d’une mosquée quelconque, il n’est pas évident que tous ceux qui prient dans ladite mosquée allaient jeter leur dévolu sur la même personne.

Quel est, dans ces conditions, le sens du message servi, ces derniers temps, dans nos mosquées par ces prêcheurs et autres militants d’associations islamiques ? Pour le commun des mortels, ce n’est là qu’une campagne qui ne dit pas son nom, menée sous le couvert du HCIM et dont le nom est constamment évoqué comme s’il s’agissait des émissaires du président de cette institution présidée par le très respecté imam Mahmoud Dicko.

Si les dirigeants du HCIM ne disent toujours pas mot sur les agissements de ces activistes politiques se servant de la religion, il appartient, en tout cas, au ministre en charge des affaires religieuses et du culte, Yacouba Traoré, d’élever le ton et de mettre le holà à cette instrumentalisation de la communauté musulmane. Il n’est pas normal qu’une association religieuse s’invite sur le terrain politique avec des artifices afin de jouer sur la foi des musulmans. Cela afin d’atteindre son objectif, consistant à appeler à voter pour tel candidat.

Au-delà du ministre des affaires religieuses, c’est celui en charge de l’administration du territoire qui est interpellé sur la présence de ces associations dans le débat pour le choix du candidat à la présidentielle du 28 juillet. En brandissant de passage des revendications extrémistes qu’aucun candidat ne pourra satisfaire s’il est élu. Notre Constitution interdit tout simplement un tel agissement. Qu’on laisse alors chaque Malienne et chaque Malien, sans considération de foi ni de religion, voter pour le candidat de son choix.

Mamadou FOFANA

17 Juillet 2013