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Grèves, manifestations, spectacles annulés: des artistes et intellectuels égyptiens dénoncent ce qu’ils considèrent comme une volonté d’emprise des islamistes proches du président Mohamed Morsi sur les institutions culturelles du pays. Dernier épisode en date, des manifestants ont défilé jeudi soir en scandant « à bas le pouvoir des Frères musulmans » et réclamant la démission du ministre de la Culture Alaa Abdel Aziz, considéré comme proche de la confrérie même s’il n’en fait pas formellement partie. Le renvoi récent d’une figure du ministère de la Culture, le chef du département des Beaux-Arts Salah al-Meligui, et celui du chef de l’Organisation générale du livre égyptien, Ahmed Mohaged, ont renforcé ces craintes. Mercredi, le secrétaire général du Conseil suprême de la culture, Saïd Tewfik, a annoncé qu’il remettait sa démission pour dénoncer « les tentatives de frèrisation » de ce ministère, traditionnellement très influent en Égypte. Le ministre s’est jusqu’à présent montré avare de commentaires, mais a toutefois affirmé que ces limogeages visaient à apporter du « sang neuf » à son administration.Le conflit avec les artistes s’ajoute à de nombreux autres en cours ou latents dans des secteurs aussi divers que la justice, la presse ou encore la police, sur le thème de l’islamisation des institutions publiques et privées. AFP.