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A la faveur de leur visite au Mali, les 15 membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont été reçus par à l’Assemblée Nationale le 3 février 2014, par le président de l’Institution Issaka Sidibé, en présence du chef de l’opposition, Soumaïla Cissé et d’autres personnalités.

Le choc des mots a provoqué une altercation entre Soumaïla Cissé et Hamada Ag Bibi, non content de la référence faite à « des responsables des mouvements armés compromis avec les terroristes, revenus tranquillement à l’assemblée nationale sous les couleurs du parti au pouvoir ».

Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale du Mali, Issaka Sidibé a remercié les membres du Conseil de Sécurité pour le vote des différentes résolutions 2071, 2085, 2100, 2129, et toutes les autres mesures subséquentes qui ont permis le déploiement des forces armées françaises et africaines en territoire malien pour neutraliser les forces du mal. « Nous réaffirmons notre attachement à la réconciliation des cœurs et des esprits », a-t-il dit.

« La représentation nationale du Mali souhaite plus d’efforts et d’engagement des Nations Unies pour le rétablissement total de l’autorité de l’Etat dans tout le Mali et particulièrement à Kidal », a-t-il souligné.

Quant au chef de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé, il s’est félicité de cette visite du Conseil de sécurité au Mali et a remercié de l’intérêt que le Conseil de Sécurité accorde à notre pays. « La communauté internationale a beaucoup œuvré au retour de notre pays dans une vie constitutionnelle normale…

Aujourd’hui, le plus important, c’est l’évaluation de la situation qui prévaut sur l’ensemble du territoire national et définir une feuille de route pour une résolution rapide et définitive de la crise.

Pour ce faire nous devons faire le point de la résolution 2100(2013) et des accords de Ouagadougou, explique-t-il. La résolution a consacré le déploiement de la Minusma, les effectifs autorisés sont de 11200 éléments et seulement 5539 sont déployés soit un taux de 50% à ce jour, un an après, sans compter le retrait des troupes du Nigeria.

Il est dès lors évident que vue l’étendue du territoire et la faiblesse des forces armées maliennes, de larges portions du territoire national sont sans contrôle. Les attaques continuent de plus belle et le dernier rapport du Secrétaire Général vous a déjà édifié sur le nombre de victimes civiles et militaires.

Selon Soumaïla Cissé, le retour effectif et sécurisé de l’administration est le meilleur garant du retour des populations, pour une reconstruction sociale, politique et économique des régions concernées. Ansardine, le Mujao et Aqmi ont clairement été identifiés par la résolution comme des groupes terroristes à combattre. Certains de leurs chefs circulent librement dans la zone et sont même sollicités lors des négociations au cours des prises d´otages.

« Si la justice est sélective, nous ne réussirons pas la paix. La Minusma devait aider (paragraphe16) à imposer aux groupes armés de déposer les armes, d’accepter d’être cantonnés et désarmés. A ce jour malgré les mesures de  » confiance » prises par les autorités maliennes (libération des prisonniers, levée des mandats d’arrêt), le cantonnement n’est pas effectif, le désarmement aléatoire et Kidal inaccessible aux autorités maliennes.

Du reste quel est le nombre de combattants à cantonner? Plus de 9000 pour la seule région de Kidal!! Chiffre fantaisiste! Prenons garde de ne pas ramener les djihadistes à la faveur du cantonnement, comme ce fut le cas des responsables des mouvements armés compromis avec les terroristes, revenus tranquillement à l’assemblée nationale sous les couleurs du parti au pouvoir ».

Il n’en fallait pas plus pour tenter Hamada Ag Bibi, membre du HCUA élu à Kidal sur la liste du RPM, à voler dans les plumes de son vis-à-vis, selon nos sources à l’Assemblée nationale. Ainsi « Hamada ag Bibi a provoqué une altercation devant les diplomates onusiens parce que mécontent de la référence ‘’terroriste’’ employée par l’orateur pour les désigner.

L’honneur de notre Assemblée nationale et par extension de notre pays a été sauvé parce que Soumaïla Cissé n’a pas daigné répondre à la provocation », selon un témoin à l’Assemblée nationale ». Le député de l’URD et candidat malheureux au second tour de la présidentielle, devait poursuivre.

Selon lui, les accords de Ouagadougou qui ont permis les élections , l’acceptation de la laïcité et l’intégrité du territoire sont en panne. On parle d’ Alger, de Rabat, de Ouagadougou et de Bamako.Pour nous il faut chercher la paix où elle se trouve, les populations sont meurtries, l’économie s’effondre et la confiance des investisseurs s’étiole.

L’opération Serval a permis de chasser les terroristes de leur sanctuaire de l’Adrar des Ifogas et de la vallée de Timetrin Il est donc urgent que l’armée malienne soit déployée dans ces zones avec les moyens matériels et humains nécessaires pour éviter un retour des terroristes dans ce sanctuaire.

Aguibou Sogodogo

B. Daou

Le Républicain du 5 Février 2014