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Un nouveau bras de fer est engagé entre les médias et le pouvoir burundais. Mercredi 29 août, six stations privées et deux publiques, dont la radio nationale, ont organisé une synergie des médias en émettant le même signal et en faisant les mêmes journaux et débats pendant 12 heures, pour protester contre un projet de loi sur la presse qualifié de «liberticide», concocté par le gouvernement et envoyé récemment pour adoption au Parlement dans le plus grand secret. Le correspondant de RFI s’est rendu à l’état-major de la contestation, qui était basé dans un studio de la Maison de la presse. La mobilisation générale a débuté à 8 heures tapantes par le désormais célèbre indicatif de la synergie des médias et qui signifie depuis longtemps pour de nombreux Burundais que l’heure est grave. La population, la société civile, les églises, et même des partis membres de la coalition gouvernementale, tous ont apporté leur soutien à des journalistes burundais qui ont laissé libre cours à leur frustration et à leur colère dans un éditorial aux accents enflammés, évoquant «une loi scélérate». Dans un des débats, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba, n’est pas parvenu à convaincre des journalistes qui accusent le pouvoir de chercher à museler une presse qui ne cesse de dénoncer les affaires de corruption et autres exécutions extrajudiciaires qui se sont multipliées dans ce pays. RFI