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C’est normalement ce matin que devrait prendre fin la grève illimitée qu’avaient décrétée les médecins depuis le mardi 7 août. C’est du moins l’information que nous avons reçue le samedi 11 août 2007 dans les entourages du mouvement syndical.

La grève des médecins hospitaliers a commencé depuis le mardi 7 août. Deux jours après, elle s’est étendue à tout le territoire national. Mais, si tout se passe comme prévu, c’est aujourd’hui à 13 H que les comités syndicaux du Syndicat national de la santé et de l’action sociale, du Syndicat autonome des cadres médicaux des hôpitaux Gabriel Touré, Point G, Kati, IOTA et des centres de santé de référence vont suspendre leur mot d’ordre de grève illimitée décrété au grand dam de la population.

Ainsi, la semaine de calvaire que les Maliens ont vécu va-t-elle prendre fin. Selon le Pr. Salif Diakité, la suspension du mot d’ordre de grève illimitée intervient suite à la médiation entreprise par l’UNTM et les communicateurs traditionnels. Il a souligné que, désormais, c’est la centrale syndicale UNTM dirigée par Siaka Diakité qui se chargera du dossier.

C’est aujourd’hui à 13 H que se tiendra l’assemblée générale d’information sur la suspension du mot d’ordre de grève. A cet effet, c’est avec impatience que les membres du comité syndical attendent l’implication de l’UNTM pour la libération de leurs camarades incarcérés depuis le mardi 7 août.

Mais, force est de connaître qu’avant la levée du mot d’ordre du grève, c’était le statut quo en commune III où le syndicat de ce centre avait, dès le début, opté pour suivre l’appel lancé par le Syndicat national de la santé et de l’action sociale qui avait demandé aux médecins de reprendre le travail à la suite d’un communiqué diffusé sur les antennes de la télévision.

«Le Syndicat national de la santé et de l’action sociale (SNS-AS) informe ses adhérents et ses adhérentes que ces débrayages anarchiques n’émanent pas de lui et sont contraires à la discipline syndicale et aux textes qui déterminent son fonctionnement. Le Syndicat national de la santé et de l’action sociale demande à tous et à toutes de reprendre immédiatement le travail et de suivre ses mots d’ordre».

Cependant, dans le Centre de santé de référence de la commune IV, sis à Lafiabougou et qui a observé, depuis le mercredi 9 août, l’abandon de travail, c’est encore le débrayage et cela pouvait s’observer dans la grande cour dudit établissement qui affichait un spectacle de désolation.

Et au Centre de référence de la commune V, nous avons coïncidé avec une assemblée générale où le docteur Sinalé Sanogo briefait le personnel de l’établissement sur le mouvement de grève observé par les médecins. Toutefois, un service minimum y était respecté. Seulement, ce grand centre hospitalier, doté de plusieurs unités médicales performantes, n’affichait pas la grande affluence de tous les jours.

Chez les quelques patients qui attendaient inlassablement la fin de l’assemblée générale, le malaise était perceptible. C’est le cas de Mme Traoré, venue au centre de santé à 8 heures du matin pour une consultation prénatale. Il était 10 H et elle n’était pas encore arrivée à rencontrer son médecin.

Très pitoyable était aussi le cas d’Adam Traoré, une vieille de 70 ans qui souffre d’une hernie étranglée. Elle avait été évacuée de Kangaba le vendredi 10 août aux environs de 11 heures du matin sur l’hôpital Gabriel Touré. Son évacuation coïncida malheureusement avec le débrayage.

Dès le lendemain matin, son fils l’avait donc transportée d’urgence au centre de référence de la commune V où le personnel tenait une assemblée générale. Mais, jusqu’à 11 heures 15 minutes, elle n’avait toujours pas reçu de soins.

En commune VI, la grève n’a pas du tout été suivie. Tout simplement, selon les explications du Dr Koné, responsable du cabinet dentaire du centre de référence de Sogoniko, «la secrétaire du syndicat de notre centre de santé s’était déplacée sur Gabriel Touré après avoir reçu un coup de fil. Elle devait prendre part à une assemblée générale, laquelle devait prendre une décision par rapport au mot de grève. Mais sur les lieux, elle n’avait trouvé personne. Bien qu’étant très concernés par cette situation, puisque c’est la femme de notre collègue qui avait été arrêtée, nous avions donc décidé, à son retour, d’attendre le mot d’ordre de grève venant de la part du secrétaire général de notre syndicat».

Ramata TEMBELY

13 août 2007.