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Protester contre les tergiversations des autorités maliennes qui brillent par un silence coupable pour engager nos forces armées afin de barrer la route aux bandes criminelles qui pullulent dans le septentrion du Mali. Dénoncer les relations ambiguës entre le médiateur désigné par la (Cedeao) M. Blaise Compaoré et le Mouvement national de libération de l’azawad (Mnla). Revendiquer une médiation saine et impartiale de la Cedeao. Tels sont les mots d’ordre de la marche organisée ce dimanche 09 septembre à Paris par trois collectifs de la diaspora malienne de France.

Pour protester contre l’attentisme de Bamako à engager l’armée malienne dans la reconquête du septentrion du pays, l’Alliance patriotique pour la souveraineté du Mali (Apsm), le Collectif des Maliens de France pour la paix (Cmfpaix) et le Mouvement pour la dignité et le droit des Maliens (Mddm) ont marché devant les ambassades du Mali et du Burkina Faso à Paris. Selon les organisateurs, ils étaient 1 500 manifestants dont des Maliens, Français, Sénégalais, Congolais, Algériens, Marocains et Mauritaniens. On enregistrait également la présence d’artistes maliens. Il s’agit de Toumani Diakité, Habib Dembélé dit Guimba National et son épouse Fantani Toure, ainsi que Askia Modibo.

L’itinéraire partait de l’Ambassade du Mali à Paris au 89 Rue Cherche Midi, dans le 6ème arrondissement de Paris, pour aboutir au 159 boulevard Haussmann dans le 8ème devant l’Ambassade du Burkina Faso. Soit 6 km de marche. Les slogans étaient affichés: «Nous dénonçons les relations ambiguës du président du Burkina Faso avec le Mnla. Le médiateur de la Cédéao Blaise Compaoré = Mnla = Mujao. Oui à la Cédéao, non à la gouvernance du Mali par la Cédéao. Non aux intégristes, Non à la Charia. Le Mali: Un Peuple-Un But-Une-Foi: n’est pas négociable ! »

Selon le doyen Diawara, les groupes armés ne sont que des intégristes criminels, bouffis de «haram» issus de rançons et du narcotrafic, avec leur charia qu’’ils veulent imposer à une population qui n’aspire qu’à la paix. Il est temps de les bouter hors de nos frontières!

Non à la Charia et à l’attentisme de Bamako !

Dans la déclaration lue par M. Ismaël Touré les marcheurs ont exprimé leur ras-le–bol. «M. le président de la République, nous, Maliens résidents en France, en avons marre de l’attentisme et de la passivité, de votre Gouvernement et de l’Armée, réduits en de simples spectateurs, impuissants, servant de caisses de résonance aux actes odieux des bourreaux !

Disons non à toute forme de négociation avec ces bandes criminelles et terroristes du Mnla et de ses alliés. Qu’elles soient maliennes ou étrangères » a laissé entendre M. Touré, avant de remettre la déclaration à S.E. M. Aboubacar Sidiki Touré, ambassadeur du Mali en France. Après avoir remercié les marcheurs pour le sens de leur combat, il a promis de transmettre la motion aux plus hautes autorités. Ensuite, les marcheurs mettront le cap sur l’Ambassade du Burkina Faso.

Blaise Compaoré, complice des criminels du Mnla

A l’Ambassade du Burkina Faso, la motion a été lue par M. Sangaré Charly. Etant un pays souverain et indépendant, rappelle t-il, membre fondateur de la Cédéao ayant été agressé par des groupes armés rebelles et terroristes, et son intégrité territoriale entamée, le Mali a certes besoin de l’aide et du soutien des pays frères de la Cedeao, mais dans le respect de sa souveraineté et de son peuple. C’est pourquoi, affirme-t-il, « nous disons oui à la Cedeao mais non à la gouvernance du Mali par la Cédéao».

Il a également indexé la position partisane du médiateur Blaise Compaoré en faveur des bandes criminelles. «Nous considérons que ce parti pris du grand médiateur de la Cédéao le disqualifie de fait à poursuivre une médiation sereine et trouver une bonne résolution menant le Mali à une sortie durable de cette crise. Ainsi, nous récusons la médiation trouble du président Blaise Compaoré et exigeons, à cet effet, qu’il soit dessaisi du dossier malien, qui sera confié à un chef d’État neutre, crédible et consensuel de la sous-région» a-t-il martelé.

Le personnel de l’Ambassade du Faso ayant décliné l’invitation, la motion de protestation a été déposée dans la boîte aux lettres de l’Ambassade. En tout cas, les marcheurs promettent de continuer leur combat jusqu’à ce que le drapeau du Mali flotte de nouveau sur les gouvernorats de Tombouctou, Gao et Kidal !

Oumar KONATE

17 Septembre 2012