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Responsables de la survenue des grossesses extra-utérines et des stérilités, les maladies sexuellement transmissibles constituent un réel problème de santé publique.Il s’agitde toutes maladies de façon exclusive transmissibles (MST) ou non (par voie sexuelle) responsables d’une infection gynécologique ou générale. 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à environ 330 millions de cas, l’incidence annuelle de ces pathologies. Elles constituent un important facteur de risque dans la survenue des grossesses extra-utérines et des stérilités et représententd’importantes causes de décès maternels et néonatals.

Dr Mamadou Sylla Traoré, médecin échographiste à l’Hôpital Mère-enfant ou le Luxembourg, souligne que les MST sont très souvent bactériennes, parasitaires voire virales. Mais il précise que dans la plupart des cas, ces maladies sont bactériennes. Cependant, il explique qu’un certain nombre de bactéries sont mis en cause et de façon récurrente. 

Comme agents pathogènes,l’échographiste cite le chlamydia trachomatis qui est pratiquement la cause de toutes grossesses extra-utérines, des infertilités du couple ou des imperméabilités tubaires. Le spécialiste indique que c’est une pathologie qui se propage de proche en proche. Après avoir colonisé le milieu vaginal, le microbe gagne l’intérieur de l’utérus. Ensuite, il va siéger dans les trompes pour provoquer des salpingites, des inflammations de trompes. Le chlamydia peut donner d’autres complications chez la femme. Il peut s’attaquer à l’intérieur de l’abdomen et donner la péri hépatite à chlamydia. Ceci peut provoquer des décès maternels.

Il y a aussi le neisseria gonorrhée, l’agent pathogène responsable de la gonococcie ou blennorragie (chaude pisse). Il est responsable d’une urétrite aiguë chez l’homme et il est souvent asymptomatique chez les femmes. Le spécialiste parle aussi du tréponema pallidum qui est l’agent pathogène de la syphilis.

Le diagnostic est évoqué devant une ulcération génitale ou une adénite rénale récente. Selon le médecin les lésions sont très graves. En dehors de ces MST, il y a d’autres types de MST comme le chanvre mou, le gardenella pertusis ou gardenella vaginalis, les hépatites virales B, l’infection par le virus du Sida. 

Le diagnostic de ces maladies se fait de deux façons, soit par la détection de l’antigène, soit par la sérologie. Comme signes, il a dit que les femmes peuvent se plaindre de douleurs pelviennes accompagnées de douleurs vulvaires, à la miction mais aussi au moment des coïts, les écoulements qui ont différentes caractéristiques (nauséabondes et malodorantes).

Chez l’homme, ce sont urétrites, les inflammations des testicules accompagnés de fièvre ou non des douleurs articulaires. Les facteurs de risque des maladies sexuellement transmissibles sont nombreux. Le docteur évoque la prostitution, la précarité et la précocité des rapports sexuels, la multiplicité des partenaires sexuels, le tabac et la drogue. 

Non traitées, les MST sont responsables de nombreuses complications. Elles sont générales avec d’autres localisations de la maladie, locorégionales avec des atteintes tubaires, ovariennes ou pelviennes responsables de pelvipéritonite, de stérilité et grosses extra-utérines. Il y a aussi des complications locales et la transmission verticale. 

Pour le traitement, le praticien hospitalier indique que le but est de couper la longue chaîne de transmission. Il faut des antibiotiques, antifongiques ou antiparasitaires. La prévention nécessite une information et une sensibilisation du personnel paramédical, du public, des écoliers et des patients. Mais il faut aussi une bonne hygiène. Ceci passe par le lavage après le rapport sexuel et l’utilisation de préservatif. 

Il faut également le dépistage des populations à risque, le diagnostic précoce, le traitement étiologique de toute infection génitale. 

Fatoumata NAPHO

Source: L’Essor