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« Je n’ai pas envie de vivre aujourd’hui. Je veux mourir. Oh Dieu ! Tu oses me faire ça. Mais, c’est toi qui es au-dessus de tout le monde. Vous savez, je travaille avec Tomota depuis 1988 en tant que magasinier. Et je n’ai jamais connu de vol ni autre chose. Aujourd’hui, mon magasin vient de prendre feu. Je ne sais pas pourquoi. Dieu est grand. Nous l’avons fermé comme d’habitude à 16 h 30. C’est aux environs de 19 heures 40 que le gardien m’a appelé au téléphone pour m’informer. Je n’y croyais pas du tout. » C’est par ces propos que le magasinier, N’Faly Koné, a répondu aux questions de l’inspecteur de police Papa Mamby Kéïta, chef adjoint de la Brigade de recherche du 3e arrondissement.

Le gardien du magasin, Nouhoum Bocoum, âgé de 55 ans et natif de Niafunké de déclarer:  » Je suis le gardien du magasin depuis dix ans. C’est après ma prière du crépuscule, vers 19 heures, que j’ai vu le courant venant de l’immeuble de Djigué pour notre magasin. D’un coup, toutes les ampoules ont été atteintes. Et je ne vois que du feu dans le magasin. Je me suis précipité pour en informer le magasinier par téléphone. Je crois que c’est le courant qui a fait ça. »

Voilà les propos que nous avons recueillis sur place lors de l’incendie du magasin de stockage du groupe Tomota. Ces entrepôts sont composés de trois magasins où Graphique Industrie stocke toutes les papeteries à savoir les cahiers, les crayons de papier et autres fournitures scolaires.

Il y avait également certains produits chimiques servant de matière première pour la fabrication des papiers. Le feu a commencé à prendre petit à petit les magasins. Et les services de la Protection civile, du commissariat du 3e arrondissement et de la gendarmerie étaient tous mobilisés cette nuit pour la cause. Il a fallu deux sapeurs-pompiers pour éteindre le feu.

Les 3000 m3 n’ont pris que 3 minutes seulement. Les responsables du groupe Tomota et leur avocat qui étaient sur place estiment que « cet incendie n’est autre qu’un incendie criminel« .

A cause de cette hypothèse sur laquelle ils se basent, un responsable du Groupe a failli faire une bagarre avec le commissaire du 3e arrondissement. Et parce que tout simplement il ne voulait pas que ce dernier interroge le gardien du magasin sur l’incendie. Pour lui, le gardien ne peut lui donner les vraies raisons.

Alors, le commissaire n’a pas cherché de midi à quatorze heures pour lui dire ses quatre vérités. « Ce n’est pas toi qui m’apprendra mon travail. Je suis un commissaire digne de ce nom. Je sais comment je vais faire. Voilà« , a déclaré le commissaire.

 » Monsieur le commissaire, avec les respects que je vous dois, je voudrais que vous laissiez le gardien en paix. Nous allons commettre des experts pour diagnostiquer et contacter notre compagnie d’assurance pour voir les dégâts« , a répondu le responsable du Groupe.

Ces dégâts sont énormes : ils sont estimés à la somme astronomique de 6 milliards de F CFA.
En tout cas, l’acte criminel n’est pas à écarter dans cette affaire quand on sait que le Président-directeur général du groupe Tomota, Alou Tomota, se trouve être confronté aux travailleurs de l’HUICOMA.

Depuis la cession de cette usine, en effet, Alou Tomota renie toujours son engagement à financer le plan social, conformément au cahier des charges de cession de l’entreprise. Celui-ci fait entendre que si l’Etat ne prenait pas en charge ce financement, il se verrait dans l’obligation de liquider l’HUICOMA.

A cela s’ajoute le limogeage, il y a quelques jours, de certains responsables de l’usine, comme la directrice générale adjointe qui vient de perdre son poste. C’est dire que la cession de l’HUICOMA est en train de mettre Alou Tomota dans un trou puisqu’elle n’a engendré jusqu’ici que des malheurs.

Alou B HAIDARA

05 janvier 2006.