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Depuis un certain temps, la ville de Bamako est pleine des motos tricycles communément appelés les katakatani . Ces motos de marque japonaise sont des moyens de transport peu coûteux et souvent sanctionnées par les autorités routières. Considéré souvent par les syndicalistes comme un acte frauduleux, une association ayant à sa tête Aboudramane Konaté, a été créée en 2007 pour alléger les souffrances de ces chauffeurs des motos tricycles.

Pouvez-vous nous parler de l’avènement des tricycles au Mali ?
AK: La source de l’invention des tricycles est inspirée de chez nous. Les Blancs se sont inspirés sur nos moyens de déplacement traditionnel notamment les charrettes. En voyant cette évolution de chez nous, les chinois ont voulu plus moderniser la chose d’où l’invention des tricycles.

Quels ont été les avantages de ces tricycles pour la population  ?
AK: La venue des tricycles a créé de l’emploi pour la jeunesse. Vous verrez que la plupart des chauffeurs sont des jeunes, souvent des diplômés sans emploi. C’est dans ce business que beaucoup nourrissent leurs familles, scolarisent et soignent leurs enfants, construisent un toit pour vivre indépendamment. En matière de déplacement, les tricycles ont allégé un tant soit peu les souffrances des commerçants. La livraison est rapide et à moindre coût. Et le personnel n’est plus fatigué comme dans le passé où il poussait la charrette sans moteur. Il faut noter qu’il existe plus de 40.000 tricycles recensés à Bamako. Nous pouvons donc en déduire la dimunition du taux de chômage.


-Ce secteur rencontre-t-il des difficultés ?
AK: Il y a plus de difficultés que d’avantages. La plupart des chauffeurs des tricycles viennent des zones rurales. Ils ne maitrisent pas assez la circulation. Ce qui fait que très souvent, ils ont des problèmes avec les autres chauffeurs qui vont même parfois à les insulter. En outre, en circulation, les policiers fatiguent énormément nos chauffeurs. Un chauffeur de tricycle ne passera jamais inaperçu devant un policier sans qu’il ne l’arrête. Souvent les autorités routières les font payer des sommes colossales oubliant qu’ils doivent verser une recette à la fin de la journée, oubliant que la vignette est à 6 000 F CFA. Or, Dieu seul sait où cet argent va. L’accès à certaines routes est interdit aux chauffeurs de tricycles, à une certaine heure, ils ne doivent plus rouler. Nous sommes à pied d’œuvre pour régler ces problèmes en dotant nos chauffeurs d’un permis de conduite et en faisant un document légal pour les tricycles.


-Les résultats de cette association sont-ils satisfaisants ?
AK: Nous avons créé cette association dans l’unique but d’aider les chauffeurs de tricycles. Ils roulent sans un permis de conduite, sans assurance, ni visite technique. Donc convenez avec moi qu’en cas d’accident grave, la prison sera leur destination finale car, ils n’ont pas de papier légal. Plusieurs de nos chauffeurs sont partis en prison de cette manière. Quand un tel cas survient, nous les membres de l’association, nous faisons tout à notre disposition pour libérer le chauffeur ayant tort. Souvent, nous cotisons entre nous pour rembourser les dommages causés par un chauffeur en circulation. Juste pour dire que quelque soit l’accident avec un tricycle, qu’il ait raison ou pas, on ne lui donnera jamais cette raison. Nous demandons au gouvernement de considérer ce secteur tout comme les autres.

Adama Sanogo

@Afribone