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Les journalistes tunisiens observaient mardi une journée de débrayage pour dénoncer les pressions du système judiciaire et du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda après la multiplication de poursuites relevant, selon des ONG, de la liberté d’expression et d’information.Les radios n’ont diffusé dans la matinée que des informations liées au débrayage, se conformant à l’appel du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). L’agence officielle TAP a de son côté indiqué n’assurer qu’« un service minimum couvrant uniquement les événements d’extrême urgence ». Un rassemblement est par ailleurs prévu vers 13H00 GMT. M. el-Heni a été arrêté vendredi puis libéré lundi sur la base d’une plainte d’un procureur que le journaliste avait accusé d’avoir falsifié des preuves pour impliquer un caméraman dans un jet d’œuf contre un ministre en août. Ce placement en détention, qui s’ajoute à des poursuites engagées contre plusieurs médias mais aussi des artistes et des syndicalistes, a déclenché la colère des syndicats de journalistes. Une large part de la société civile et des journalistes accusent depuis des mois les islamistes d’Ennahda de pressions sur la presse et de chercher à contrôler les lignes éditoriales des médias publics à travers les nominations de directions dociles. Une première grève en octobre 2012 avait déjà été très suivie. Ce vif conflit autour de la liberté d’expression intervient alors que le cabinet gouvernemental est profondément fragilisé par une interminable crise politique déclenchée par l’assassinat le 25 juillet d’un député d’opposition, Mohamed Brahmi. AFP.