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Dans la cour de l’hôpital Bigoua, à la sortie de Bangui, le docteur Magloire Odio accueille les rares mères venues faire vacciner leurs enfants: « elles ne sont pas nombreuses aujourd’hui parce qu’il y a encore eu des tirs ce matin. Les gens ont peur ». Il y a peu encore, au moment de la prise du pouvoir par la rébellion Séléka en mars, l’hôpital accueillait beaucoup de blessés par balle. Désormais, le Dr Odio se bat contre un autre fléau: une épidémie de rougeole frappant les jeunes enfants.Selon l’Unicef, principal acteur de la campagne avec le gouvernement et l’OMS, 123.000 enfants ont déjà été vaccinés à Bangui depuis le début des opérations, et en principe « tout le pays devrait être couvert pour la fin septembre, si nous n’accusons pas de retard », explique Célestin Traoré, chargé de la section Survie et Développement de l’enfant de l’agence onusienne à Bangui. « On va au devant d’une crise humanitaire généralisée, mais tout le monde l’ignore. Il y a eu le Mali, la Syrie… et plus vraiment de place pour la Centrafrique », commente un humanitaire ne désirant pas être cité. « Avant la crise, notre pays connaissait déjà des problèmes au niveau de son système sanitaire et la crise est venue aggraver cet état de choses », commente pour sa part le ministre de la Santé, Aguide Sounouk, soulignant « qu’il faudra nécessairement que la sécurité revienne pour permettre à tous d’être opérationnels ». AFP.