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Les deux questions orales émanaient du Docteur Oumar Mariko, député élu à Kolondiéba. La première adressée au ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce était relative à la situation des huileries artisanales.

Après avoir fait le constat que plusieurs huileries qui avaient vu le jour dans divers points du pays ne sont plus en mesure de fonctionner à cause d’une décision du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, Oumar Mariko a demandé ce qui pourrait être fait pour leur permettre de reprendre leurs activités.

Faut-il aller à un retrait ou à un aménagement de la décision ministérielle, a-t-il demandé. Le député voulait aussi être édifié sur la stratégie d’industrialisation du pays et les grands axes de cette industrialisation.

Le ministre Amadou Abdoulaye Diallo a dans sa réponse divisé son intervention en cinq parties. Il est d’abord revenu sur le processus de fabrication du savon et du tourteau pour expliquer les raisons qui ont amené la suspension au niveau des unités ne disposant pas d’un système de raffinage complet de la fabrication de l’huile alimentaire à base de graines de coton.

Cette mesure tiendra jusqu’à ce que les unités suspendues s’équipent de manière idoine. Car la fabrication de l’huile, du savon et du tourteau implique une manipulation de produits chimiques.

En outre, certaines composantes de la graine de coton et les produits chimiques utilisés sont dangereuses pour la santé humaine et animale. Elles doivent être éliminées à travers une chaîne complète de raffinage. C’est pourquoi, a indiqué le ministre, « l’arrêté interministériel sera appliqué rigoureusement. Il ne sera ni abrogé, ni aménagé ».

600 Emplois:

Dans un second temps le ministre Diallo a indiqué les rencontres que son Département a eues avec les professionnels du secteur pour trouver une solution aux difficultés que ceux-ci rencontrent.

La troisième partie de son intervention avait trait à la nécessité de procéder à une diversification des matières premières oléagineuses. Le quatrième point abordé par le ministre a été celui de la quantité insuffisante de graines de coton produites dans notre pays pour approvisionner les huileries existantes..

Pour terminer, Amadou Abdoulaye Diallo a rappelé la stratégie d’industrialisation de notre pays.

« Pour changer qualitativement la situation de l’industrie malienne et inverser la structure de notre économie au profit d’un secteur industriel fort, le gouvernement, a adopté, en novembre 2004, une stratégie dont l’objectif global est d’assurer un développement industriel ordonné, rapide et durable permettant de créer des emplois industriels et d’augmenter significativement la part du secteur manufacturier du PIB« , dira-t-il.

Pour le secrétaire général du parti SADI qui n’était visiblement pas satisfait de ces réponses, plutôt que de fermer les huileries qui ne répondent pas aux normes, il vaut mieux procéder à leur mise à niveau progressive. Oumar Mariko estime qu’il faut sauver les huileries et les 600 emplois qui y sont liés. Il a proposé qu’une enquête parlementaire prenne en charge la question.

C’est le même Docteur Mariko qui a adressé une question orale au ministre chargé de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales.

Celle-ci était relative à la pléthore dans les salles de classe, à la non orientation de certains élèves admis au DEF, au manque d’enseignants dans certaines écoles et à la contractualisation de l’enseignement fondamental. Le bilan du PRODEC et les raisons de la baisse continue du niveau et plus généralement la politique d’éducation et de formation mise en œuvre par le gouvernement figurent parmi les interrogations du député élu à Kolondiéba.

Usant d’un style très direct, le ministre a expliqué la pléthore d’élèves par la forte demande d’éducation scolaire que ne peut suivre le rythme de construction des infrastructures. La croissance démographique reste très forte et les ressources de l’État ne lui permettent pas de donner la réponse adéquate. Il faut donc recourir à des solutions alternatives comme l’école communautaire. Dans le cercle de Kolondiéba, par exemple, la part des écoles communautaires est supérieure à 49 %.

La rançon de l’ajustement :

Pour ce qui est de l’orientation des élèves admis au DEF, Mme Diallo a indiqué qu’en 2006, 17,88 % d’entre eux n’ont pas été orientés contre 18,28 % en 2007. Ce sont plus de 16 000 nouveaux titulaires du DEF en plus qu’il faut orienter chaque année, volume que l’État n’a pas les moyens de gérer.

Aussi, il faut se faire à l’idée que 35 % des élèves admis au DEF ne seront pas orientés à l’horizon 2010. « Si la loi garantit le droit à l’éducation à chaque citoyen, elle ne fait pas obligation à l’État d’assurer à tous un enseignement public au delà du cycle fondamental », a rappelé Mme Sidibé Aminata Diallo.

Concernant la formation des maîtres, il existe aujourd’hui sept instituts de formation des maîtres. Ceci permet de répondre à la demande de formation de maître qualifiés et en nombre suffisant. Évoquant la contractualisation de l’enseignement fondamental, Mme Sidibé a dit qu’elle est une conséquence des mesures restrictives prises par le passé dans le cadre des programme d’ajustement structurel.

Le PRODEC, a jugé le ministre de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, a un bilan positif. Il a permis de nous doter en infrastructures et en manuels et de former les maîtres. Quant à la pédagogie convergente, elle vise l’enseignement des programmes officiels de l’enseignement fondamental avec l’utilisation concomitante du français, et des langues nationales.

Pour Mme Sidibé Aminata Diallo, la dégradation des conditions d’apprentissage et les perturbations sont à l’origine de la baisse de niveau constatée dans notre système éducatif. Il faut aujourd’hui adapter les programmes aux besoins nouveaux et améliorer les conditions d’apprentissage, sans oublier la dotation en intrants de qualité et l’amélioration des ressources humaines.

Par rapport à la politique nationale d’éducation et de formation de notre pays, Mme Sidibé Aminata Diallo a adressé le Dr Mariko à la loi n°99-046 du 28 décembre 99 portant loi d’orientation sur l’éducation.

Si le Docteur Oumar Mariko est d’accord avec la plupart des réponses du ministre, il n’a pas la même appréciation qu’elle sur le PRODEC qu’il considère comme un échec et sur le PDES dont il dénie l’efficacité. Nous reviendrons sur la suite des travaux de la plénière dans notre prochaine livraison.


A. LAM

02 Juillet 2008