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Avec l’investiture du 4 septembre devant la cour suprême et la célébration avec faste de sa prise de fonction par ses pairs d’Afrique et d’Europe, le président Ibrahim Boubacar Kéita a désormais l’onction de la communauté nationale internationale pour s’attaquer à la résolution définitive de la crise malienne. Il s’agira de consolider les fondements d’un Etat de droit après une longue période de crise politique et sécuritaire, et pour cela le président IBK doit très rapidement démentir par sa pratique, les « accointances » avec les putschistes du 22 mars, qui lui sont reprochées par une partie de la classe politique malienne.

IBK doit également relever très rapidement le défi sécuritaire dans les villes et les campagnes et conquérir tout le pays pour que la souveraineté nationale puisse s’exercer sur l’ensemble du territoire national. Ce qui pose l’épineux problème de l’unité nationale mise à rude épreuve par le mouvement rebelle et indépendantiste du MNLA, qui entrave le redéploiement de l’armée et de l’administration partout dans le nord du pays. Comment s’outiller pour sortir du cycle vicieux et récurrent de la rébellion, dont l’évolution du dossier s’enlise dans un éternel recommencement ? Les prises de position du gouvernement et de la rébellion sont assez révélatrices : pendant que le président IBK soutient qu’il négocie tout sauf l’autonomie, le MNLA répond que la négociation portera sur l’autonomie ou rien.

A cet effet le message du président tchadien à son homologue malien a été très clair, IBK n’a pas droit à l’erreur et seul il ne pourra rien faire. C’est une union sacrée qui permettra de parachever la reconquête du Mali. A cet effet le nouveau président doit tout mettre en œuvre pour que les élections législatives prochaines soient un facteur de cohésion et non d’approfondissement des fractures politiques qui peuvent vite devenir des fractures sociales. Ce n’est qu’avec cette unité d’action dont a parlé le président Débi Itno, que notre pays tournera le dos aux petites querelles pour rassembler ses forces et affronter résolument les problèmes de gouvernance, à l’école, dans l’accès des fonctions de l’Etat et dans la gestion des deniers publics.

B. Daou

Le Républicain du 20 Septembre 2013