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La rencontre de haut niveau du vendredi 19 octobre à Bamako se tient à l’initiative de l’Union africaine en consultation avec l’Organisation des Nations unies et la Cédéao. Elle est fortement attendue par le Conseil de sécurité qui a accordé un délai de 45 jours pour l’élaboration d’un plan détaillé et praticable en vue d’une intervention militaire au Mali. Cette rencontre qui verra la participation de NKosazuma Dlamini Zuma et des experts de haut niveau des Nations Unies, de l’Ue et de la CEDEAO, sera l’occasion pour la communauté internationale d’apporter son soutien aux autorités de la transition. L’UA et la CEDEAO prendront des mesures pour encourager les acteurs internationaux concernés à lever les sanctions diplomatiques et à reprendre la coopération avec le Mali.

Au cours de cette rencontre présidée par le président de la transition, le professeur Dioncounda Traoré, une remarque introductive sera faite sur la situation au Mali par la CEDEAO, l’UA, et les Nations unies. Il sera aussi question de la restauration de l’autorité de l’Etat au nord du Mali, de l’organisation des élections. S’y ajoutent le soutien à la reconstruction post-conflit et à la consolidation de la paix, la stabilisation de la région du sahel et l’assistance humanitaire.

Dans le cadre du processus politique et la gouvernance inclusive, l’UA et la CEDEAO vont aider les acteurs maliens à consolider les institutions de la transition et à mettre en œuvre les deux principales tâches qui lui sont assignées à savoir la restauration de l’autorité de l’Etat au nord et l’organisation d’élections libres, régulières et transparentes. Pour atteindre cet objectif, l’UA manifestera son soutien aux autorités maliennes en vue de la mise en place des institutions requises pour assurer une transition inclusive et consensuelle en ayant à l’esprit les annonces faites par le président par intérim dans son message à la nation du 29 juillet.

Il sera aussi question de la levée par l’UA de la mesure de suspension de la participation du Mali à ses activités. En outre, l’UA et la CEDEAO prendront des mesures pour encourager les acteurs internationaux concernés à lever les sanctions diplomatiques et à progressivement reprendre les programmes d’aide au développement.

Au menu de la rencontre, il faut aussi noter l’adoption de sanctions ciblées notamment l’interdiction de voyager et le gel des avoirs à l’encontre de tous ceux qui cherchent à saper la transition. Cela conformément aux décisions pertinentes de l’UA et de la CEDEAO. Ainsi que le renforcement de la capacité du centre de coordination des opérations de sécurisation des institutions de la transition (CCOSIT) en vue de combler ses lacunes telles qu’identifiées par la mission d’évaluation technique de la CEDEAO.

En vue de la restauration de l’autorité de l’Etat au nord, un des points essentiels du rendez-vous de Bamako sera la fourniture par les Etats membres de l’UA en mesure de le faire et par les partenaires internationaux d’un soutien technique et logistique adéquat aux forces maliennes de sécurité et de défense. Cela sur la base des besoins exprimés par le Mali. La Commission de l’union africaine prendra les mesures nécessaires à cette fin en coordination avec les partenaires internationaux afin de les encourager à fournir l’assistance requise, l’expertise, la formation et l’appui au renforcement des capacités des forces armées.

Aussi, l’UA, la CEDEAO et les Nations unies s’engageront à soutenir les efforts du gouvernement visant à renforcer la cohésion de l’armée malienne.

La réunion de Bamako qui sera suivie de près par le Conseil de sécurité, (lequel a accordé un délai de 45 jours au Secrétaire général de l’ONU, à l’UA, à la CEDEAO et au Mali pour l’élaboration d’un plan détaillé et praticable en vue de l’envoi des troupes) sera l’occasion pour réclamer un déploiement rapide dès que possible de la MICEMA sous un mandat du CSNU au titre du chapitre VII de la charte des Nations unies pour effectuer les tâches convenues avec le gouvernement.

Par ailleurs, parmi les contours de la réunion de demain figure aussi l’organisation d’élections libres, régulières et transparentes. Il sera question de l’élaboration d’un calendrier pour le déroulement des élections libres dans les délais convenus, la fourniture par les partenaires internationaux d’une assistance technique et financière adéquate aux organes chargés de la gestion des élections y compris l’établissement d’une liste électorale crédible et consensuelle. Cette assistance pourrait comporter l’envoi rapide d’une équipe d’évaluation.

Abdoulaye DIARRA

18 Octobre 2012