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Éviter téléphone et internet, changer souvent de résidence et se fondre dans la foule: les militants des Frères musulmans en Égypte, rompus à la clandestinité, retrouvent les réflexes d’antan face à la répression qui s’abat sur eux. Depuis que l’armée a dispersé dans le sang les manifestants islamistes qui ont campé pendant plus d’un mois sur deux places du Caire, plus de 1.000 personnes ont été tuées –essentiellement des partisans du président Mohamed Morsi destitué par l’armée– et plus de 2.000 membres des Frères musulmans, la confrérie dont il est issu, ont été arrêtés. Selon des responsables des services de sécurité, le nombre d’arrestations parmi les membres des Frères musulmans « dépasse les 2.000 » depuis 12 jours mais un avocat proche de la confrérie, Me Ismaïl Wichahi, affirme avoir recensé « plus de 8.000 militants sous les verrous ».En outre, des dizaines de permanences du mouvement ont été saccagées à travers le pays par des Égyptiens hostiles. L’armée a destitué et arrêté M. Morsi le 3 juillet en invoquant les millions d’Égyptiens qui avaient manifesté trois jours plus tôt pour réclamer le départ du premier président égyptien élu démocratiquement. Et, depuis, le gouvernement intérimaire et les médias affirment quasi-unanimement que l’Egypte mène « une guerre contre les terroristes » à propos des Frères musulmans.Mais certains experts n’enterrent pas si vite les Frères musulmans, un mouvement vieux de 85 ans qui cultive le mystère. Les Frères musulmans ont été pourchassés sous le président Gamal Abdel Nasser et interdits mais tolérés par ses successeurs. AFP.