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A l’instar de la communauté internationale, le Mouvement humaniste malien a célébré, le 2 octobre 2007, la journée internationale de la non violence, à la faveur d’une conférence- débat organisée dans l’enceinte du lycée Askia Mohamed.

Pour l’occasion, deux thèmes ont été développés par deux éminents conférenciers:“La violence non active”, exposée par Balla Idrissa Doumbia, et “La violence faite aux femmes”, développé par Mme Bolly Oumou Diallo. A travers cette conférence, le mouvement humaniste a exprimé sa position dans la lutte contre la violence sous toutes ses formes.

Selon un des responsables de ce mouvement, il s’agit non seulement d’exprimer leur attachement à la non violence active en tant qu’approche pour la résolution des problèmes, quelles que soient leur nature et leur ampleur, mais aussi de s’ouvrir à d’autres formes de lutte non violente.

Le mouvement humaniste, faut-il le rappeler, est un courant de pensée organisé en structure, selon les mêmes critières. Il est présent dans 170 pays. “Nous les humanistes, développons une idéologie qui place l’homme au centre de toute activité socioéconomique, politique et technologique”, a déclaré un des membres du mouvement qui a rappelé que toutes leurs activités reposent sur trois principes fondamentaux: la réciprocité, l’auto-organisation et l’auto-financement.

Le mouvement humaniste, a t-il ajouté, vise l’établissement d’un ordre politique social plus juste. Aussi, Balla Idrissa Doumbia s’est appesanti sur la violence active, et les types de violences.

La violence, a-t-il dit, c’est tout acte qui fait mal à l’autre et qui génère de la souffrance. Ses manifestations les plus visibles sont le vol, le viol, les bagarres de rue et les guerres. Pour le conférencier, les causes de la violence sont, entre autres, le manque d’éducation, et de considération.

Cependant, a-t-il signalé, il y a aussi la hiérarchisation de la société, la différence de culture, le manque de communication, le système capitaliste, le chômage et la pauvreté.

La non violence, elle, puise son origine dans les grandes sources éthiques et réligieuses de l’histoire de l’humanité. Elle se présente à la fois comme un refus de la violence institutionnelle et comme une éthique de conviction qui vise à faire valoir la dignité humaine, a-t-il ajouté.

Citant les grands hommes de la lutte non violente, le conférencier a rappellé Marthin Luther King, Lao Tseu, et le Mahatma Gandhi de l’Inde. La doctrine de Boudha, la réligion musulmane et le christianisme sont des sources de la non violence, a précisé Balla Idrissa Doumbia.

Selon Mme Bolly Oumou Diallo qui s’est penchée sur les violences faites aux femmes, dans 73% des cas, la violence faite aux femmes est perpétrée par l’homme. En s’inspirant d’exemples, elle a évoqué les violences physique, psychologique, affective…

Elle a mis également l’accent sur la violence sexuelle et l’exploitation financière ou économique des femmes. Expliquant les causes de cette violence, elle a parlé des traditions et pratiques ancestrales qui font que dans la société africaine, la femme est isolée et marginalisée.


Qu’en est- il au Mali?

Selon Mme Bolly, la malienne, comme partout dans le monde, est loin d’échapper au phénomène de la violence. Les formes les plus répandues sont les coups et blessures, le gavage, l’excision, les injures, et le viol.

Or, dira t-elle, sur le plan institutionnel, le Mali a ratifié presque tous les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de la personne en général, et aux droits de la femme en particulier.

Entre autres, elle a cité la convention internationale des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le protocole additionnel à la Charte de l’Afrique sur les droits de la femme, et la Déclaration de Vienne de 1993 sur la violence faite aux femmes. Mais elle a déploré le fait qu’aucun service public spécifique n’existe pour se pencher sur la question.

La prise en charge des cas de violence se fait dans le cadre global de la mission de police judiciaire, au niveau des commissariats de police, des gendarmeries et au niveau des tribunaux, a-t-elle expliqué. Par ailleurs, elle a signalé l’existence d’un comité national de lutte contre les pratiques néfastes et qui travaille beaucoup sur les questions d’excision.

Des structures existent au niveau du ministère de la Promotion de la Femme et de l’Enfant. A côté de ces structures il y a, dit-elle, la clinique juridique des femmes et les actions de quelques ONG, telles que l’APDF, l’ODF, l’AJM, la PROMODEF et l’AMSOPF.

Laya DIARRA

03 octobre 2007.