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Les méthodes employées par l’armée pour lutter contre le banditisme dans le sud de Madagascar font débat. Des forces spéciales ont été envoyées il y a un mois et demi dans la région de Betroka pour pacifier la région. Des affrontements meurtriers se sont multipliés ces derniers mois contre les voleurs de bœufs. Mais certains militaires ou gendarmes se livreraient à des exactions. Depuis une semaine, c’est D’Gary, un célèbre musicien qui prend la parole dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Originaire du Sud, il dit obtenir ses informations directement de sa famille, des paysans qui vivent dans les montagnes et qui craignent la présence de l’armée. «C’est grave ce qui se passe là-bas. Les gendarmes et les militaires, Ils ont brûlé seize villages. Et les gens se cachent dans la forêt. Ils ont peur (…). C’est très, très grave.» Du côté des forces de sécurité, les discours se contredisent : certains démentent, d’autres affirment que des villages ont bien été brûlés parce qu’ils abritaient des bandits. Le ministre des Forces armées, le général Rakotoarimasy, refuse pour l’instant de confirmer ou d’infirmer ce qu’il qualifie de «rumeurs». Sans représentant dans ces régions reculées, la Croix-Rouge internationale reste prudente et discrète. Le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies également. RFI