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Marché « BONBOLI » de N’golonina : Les femmes se révoltent contre la construction d’un immeuble

Le lundi 27 août, les femmes vendeuses du marché « Bonboli » de N’Golonina se sont révoltées contre la construction d’un immeuble qui, selon elles, masque ledit marché tout en envahissant leurs places. Aussi avec des briques en ciment de la construction dudit immeuble, elles ont barricadé la voie qui passe près dudit marché, devant l’ORTM, en allant vers le monument des Chasseurs. Ce qui a créé un attroupement monstre à ce niveau.

Ledit marché où ces femmes vendent quotidiennement leurs produits est confronté à un morcellement où le côté de la voie est en train d’être envahi par des opérateurs, selon elles. Elles protestent donc contre la construction de cet immeuble pourtant autorisée par la mairie. Des explications de Bintou Soumano, représentante des femmes révoltées, ledit espace était vendu à San Zou. Mais ce dernier n’a pas voulu y construire pour ne pas nuire aux activités commerciales de ces femmes du marché « Bonboli » de N’Golonina. « Contre toute attente, la mairie de la commune II a vendu le même espace à un des fils du feu Imam Ismaël Dramé à 75 millions de francs », confie Bintou Soumano qui ajoute que ce dernier tient coûte que coûte à construire sur ledit espace. Mais ces femmes ont décidé de ne pas se laisser faire. Aussi, elles ont protesté en barricadant la route aux usagers Elles étaient aidées dans leur besogne par certains jeunes du quartier.

La Police de la CCR du 3è était sur place pour sensibiliser les femmes en colère et enlever les barricades. Mais les femmes vendeuses, dont la plupart sont des vieilles, ont déclaré qu’elles ne cesseront jamais de manifester tant que les autorités compétentes ne mettent pas fin à la construction de l’immeuble litigieux dont le propriétaire a d’ailleurs commencé à faire le sous-bassement. Mais hier, les femmes, aidés par des jeunes, ont cassé les briques sur place et les ont jetés dans les fossés creusés pour le soubassement.

Quant au 2è adjoint du maire de la commune II, Baladji Touré, il a déclaré que le dialogue peut résoudre la situation. Selon lui, ledit lot appartenait à l’actuel propriétaire bien avant que San Zou accepte d’abandonner l’espace. A l’en croire, San Zou ne possédait pas le titre foncier. Et d’ajouter que le lot est en contrat de bail et non vendu. Quoiqu’il en soit, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux doit s’attendre à des litiges de ce genre car le régime déchu en avait fait son jeu favori. Mais c’est toujours les pauvres qui ramassent les pots cassés, dit-on.

Oumar Diakité

Le Combat du 29 Août 2012