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« Les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) ont un rôle catalyseur dans le développement » affirmera, pour sa part, Mme Marcelle Sonya Noudehou, coordinatrice nationale du Réseau Genre et TIC.

C’était lorsqu’une conférence de presse tenue le mardi 26 juillet 2005 au Mémorial Modibo Kéïta pour la présentation du livre : « Fracture numérique de genre en Afrique francophone : une inquiétante réalité« , publié en prélude à la journée de la femme africaine 2005, avec le soutien des ONG ENDA, ART et OSIRIS.

Constats Alarmants

La fracture numérique du genre, ce sont les disparités d’accès et de contrôle des hommes et des femmes sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), leurs contenus et les compétences permettant de les utiliser.

Les TIC sont des outils incontournables dans tous les domaines d’interaction sociale, culturelle, économique et politique.

« A ce titre, dira, dans la préface, Mme Joséphine Ouédrago, secrétaire exécutive adjointe de la commission économique des Nations Unies, les TIC sont une dimension transversale pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement et la réduction de la pauvreté. Assurer la prise en compte adéquate des préoccupations des hommes et des femmes dans l’élaboration des politiques de TIC, et l’égalité d’accès aux contenus et à leur contrôle, aux capacités et à la connectivité permettront de réduire les disparités de genre dans l’éducation, les opportunités économiques et la prise de décision« .

L’enquête a porté sur 6 pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie et Sénégal), sur un échantillon aléatoire de 1000 personnes (de plus de 18 ans) venant de trois régions de ces pays.

Il s’agissait de répondre à la question de base suivante : les femmes ont-elles un rapport aux NTIC différent de celui des hommes ? Voici la réponse, en encadré, à la page 18 : « Le résultat de notre travail n’a pas lieu de surprendre : la fracture numérique du genre est une réalité en Afrique francophone et son ampleur n’est pas négligeable. Il s’évalue par un indice global de 0,64 qui signifie que quand les hommes ont dix chances, dans le vaste et multiforme secteur des TIC, les femmes n’en ont que six (..) La fracture numérique du genre, en termes d’accessibilité, est bien davantage inquiétante en ce qui concerne la capacité à les utiliser et le savoir véhiculé par les contenus, et très grave en terme de participation à la décision dans le secteur des TIC« .

La coordinatrice Mme Noudehou, a ensuite répondu aux questions des journalistes. Pourquoi un film sur le Sénégal pour servir de base aux débats ?

Un film sur la situation au Mali sera réalisé, a promis Mme Noudehou. Pourquoi seulement trois régions ? Et pourquoi ces six pays seulement pour l’étude ? I

l s’agit d’un échantillon aléatoire, a-t-elle répondu, et les six pays choisis sont supposés être de ceux qui ont entamé une activité crédible dans le développement des TIC, quoique avec des niveaux différents.

Les femmes ne sont-elles pas aussi outillées que les hommes en portables ? N’ont-elles pas, en tant que secrétaires, plus accès à l’ordinateur ?

Il s’agit d’un contact de surface, a répondu Mme Noudehou, qui s’arrête à la simple saisie de données et qui exclut une maîtrise véritable de l’ordinateur et de l’Internet.

Quant aux portables, les femmes (21% de la fonction publique au Mali, et à 80% rurales) n’ont tout simplement pas les moyens de les acheter elles-mêmes, a-t-elle affirmé.

Le plaidoyer

Mme la Directrice nationale à la Promotion de la femme et de l’enfant a ensuite prononcé un brillant plaidoyer en faveur de l’émancipation de la femme.

Celle-ci est le pilier de la famille et de la communauté. Il convient de la décharger de l’immense fardeau du travail domestique et de la faire accéder au bien-être par l’accès à l’instruction, qui améliorera la productivité.

Un exemple magnifique dans ce sens est celui d’une teinturière de la Maison des Artisans qui a recourt aux ressources de l’Internet, par lequel elle obtient aujourd’hui des commandes de partout dans le monde.

Il faut dire que cette teinturière, dont les enfants étudient aux Etats-Unis à ses frais, est passée par l’école, puisqu’elle est diplômée de l’ECICA.

Ibrahima KOITA

28 juillet 2005