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Trois militantes européennes de Femen seront jugées le 5 juin en Tunisie, pays dirigé par un gouvernement dominé par des islamistes, et risquent la prison ferme pour une manifestation seins nus en soutien à une activiste tunisienne en détention. Les trois militantes comparaîtront pour « outrage public à la pudeur » (article 226 du code pénal, passible de six mois de prison ferme) et « atteinte aux bonnes mœurs ou à la morale publique » (art. 226 bis, passible de six mois de prison ferme). Femen avait organisé cette manifestation en soutien à Amina Sbouï, une militante tunisienne plus connue sous son pseudonyme de Amina Tyler, en détention depuis qu’elle a peint le mot « Femen » le 19 mai sur un muret près du cimetière mitoyen de la grande mosquée de Kairouan (centre), ville sainte dans l’islam.Elle a été condamnée jeudi à une amende pour avoir été en possession d’un aérosol lacrymogène mais a été maintenue en détention dans le cadre d’une enquête sur une « atteinte aux bonnes mœurs » et une « profanation de cimetière ».Cette affaire est une nouvelle illustration des tensions en Tunisie autour de la question des droits des femmes, alors que le pays a porté au pouvoir, quelques mois après la révolution de janvier 2011, un gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. Outre les islamistes, les cibles de prédilection de Femen sont le Vatican, le président russe Vladimir Poutine, les dirigeants ukrainiens ou encore l’ex chef du gouvernement italien Silvio Berlsuconi. AFP.