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Les participants aux Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière sont parvenus à l’élaboration d’un projet national de lutte contre le fléau, basé essentiellement sur la fin de l’impunité.

Initiés et convoqués par les autorités, les Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière ont été clôturés le 28 novembre 2008 en fin d’après-midi au Centre international de conférence de Bamako. Après cinq jours d’échanges libres, les participants venus de l’intérieur comme ceux de l’extérieur ont analysé, diagnostiqué les causes de la corruption de même que ses effets pervers.

A l’issue de débats passionnés, mais empreints du sceau de la responsabilité et de la tolérance, les assises ont abouti à la formulation de propositions de solutions à travers un projet national contre le fléau. A la lumière des résolutions qui touchent à tous les secteurs d’activités (administration, justice, forces armées et de sécurité, fonction publique, vie politique et institutionnelle), il a été décidé de rompre avec l’impunité.

C’est dans cet esprit que les assises nationales ont invité la puissance publique à sauvegarder l’image d’un Etat fort, déterminé à appliquer sans considérations subjectives, l’ensemble des textes législatifs et réglementaires dont le pays s’est doté pour assurer la sécurité et l’épanouissement des citoyens, promouvoir la démocratie et les droits humains, sanctionner la faute et récompenser le mérite.

En outre, les Etats généraux ont recommandé l’institution d’une semaine nationale de lutte contre la corruption, la moralisation des recrutements à tous les niveaux, l’institution d’enquêtes de moralité fiables avant toute nomination par décret, l’extension de la déclaration des biens à tous les cadres nommés par décret et par arrêtés, aux élus locaux, régionaux et nationaux.

Aux actes !

La dépolitisation de l’administration et le respect des critères de compétence et d’intégrité lors des nominations aux postes de responsabilité, la limitation à 5 ans de présence à des postes de responsabilité pour les civils et les militaires et l’évaluation annuelle des performances de l’administration font également partie des recommandations.

Les participants aux Etats généraux ont exigé que l’accès des partis politiques aux financements publics soit lié à leur capacité, d’animation, de formation de leurs militants à la citoyenneté et à la lutte contre la corruption ; à l’audit des partis politiques ayant bénéficié des subventions de l’Etat, la fixation des montants des frais de campagne à ne pas dépasser par les candidats à l’occasion des élections, la publication et l’audit des comptes des campagnes électorales.

La mise en œuvre de ces recommandations requiert leur prise en compte par le gouvernement et leur traduction en actes concrets par celui-ci. Un engagement auquel le Premier ministre a souscrit. Pour le chef du gouvernement Modibo Sidibé, « il n’y a pas lieu de désespérer d’autant que le Mali regorge d’hommes et de femmes de qualité qui se dévouent pour lui assurer un avenir meilleur ».

Des assises sur un sujet aussi crucial comme la corruption constituent à n’en pas douter, le point de départ du processus d’assainissement de gestion des affaires publiques et démontrent que la lutte contre le fléau demeure une forte exigence des Maliens.

Mohamed Daou

O1 décembre 2008